~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    LES TECHNIQUES DE COUTURE PALÉOLITHIQUES.

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    Danelle
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    Date d'inscription : 22/09/2015

    LES TECHNIQUES DE COUTURE PALÉOLITHIQUES.

    Message par Danelle le Lun 16 Nov - 21:16

    LES TECHNIQUES DE COUTURE PALÉOLITHIQUES.






    ► Les différentes aiguilles.



    Selon leur longueur, D. Stordeur-Yedid classe les aiguilles à chas paléolithiques en deux groupes :


    → premier groupe (le plus abondant) : les aiguilles de 25 mm à 80 mm.

    Ces aiguilles sont beaucoup plus fréquentes que les aiguilles du second groupe et sont plus faciles à manipuler.
    Il faut noter cependant que les aiguilles les plus petites de ce groupe peuvent être des aiguilles ayant été réparées (dans ce cas, leur longueur diminue).


    → deuxième groupe : les aiguilles de 90 mm à 130 mm (voir 170mm).

    Ces aiguilles sont moins faciles à manipuler, et sont relativement plus fragiles ; elles nécessitent l'utilisation de liens plus longs. Elles sont utiles pour "coudre de très grandes épaisseurs de matériaux ou [pour] permettre la réalisation de tissages (vannerie, filets...)" (Stordeur-Yedid, 1979).

    (in Stordeur-Yedid, 1979)







    ► Archéologie expérimentale.



    Lors de leur essai de reconstitution de tente magdalénienne, Jourdan et Leroi ont testé différentes sortes d'aiguilles en os de leur fabrication pour coudre ensemble les peaux de rennes (1987).
    Avec des aiguilles de 6 cm de long, le passage à travers les deux peaux à coudre se fait aisément, "mais les doigts les cassent vers le milieu lorsqu'on cherche à les rattraper dans la fourrure. La cassure n'est pas provoquée par le travail de couture, mais par la difficulté à saisir correctement l'aiguille dans une une fourrure trop dense" (Jourdan, Leroy, 1987).
    Au contraire, en utilisant des aiguilles de 10,5 cm semblables à celles du Placard, "l'aiguille est suffisamment longue pour traverser la fourrure, assez épaisse pour être manipulée sans trop de précautions et il n'y a que peu de risques qu'elle se casse" (ibid.).


    → D'autre part, les archéologues ont pu constater qu'il était facile de réaliser de longues coutures avec l'aiguille, "sans avoir à percer au préalable la peau ou le cuir. Il suffit d'apprendre à travailler avec de telles aiguilles" (ibid.).
    Voici la technique qu'ils ont utilisée, avec une aiguille de 6 cm (les grandes aiguilles type "Placard" n'ont pas besoin d'être maniées avec autant de précautions) :

      "Tenue par le chas, une aiguille en os aura tendance à plier et cassera inéluctablement. Il faut, au contraire, la tenir près de la pointe, à 1 ou 2 cm. Dans un premier temps, on perce ainsi les deux peaux, puis, par une série de petits gestes des deux mains, poussées et tractions, on fait sortir une longueur suffisante, pratiquement toute l'aiguille, pour permettre une bonne prise des doigts sur la pointe pour la tirer avec le fil, le seul geste ample de ce type de couture."


    (in Jourdan et Leroy, 1987)

    → L'utilisation de cette technique a permis de réaliser avec une même aiguille plus de 200 percements de peaux, sans que la pointe ne nécessite d'affûtage.





    ► Bilan.



    • On voit ici que la croyance selon laquelle les aiguilles à chas paléolithiques n'étaient utilisées que pour passer un lien au travers d'une peau préalablement percées avec un poinçon
    ne semble pas justifiée.




    D. Stordeur-Yedid souligne que, du fait :

    → d'une part de l'utilisation systématique d'un matériau très solide,
    → d'autre part des traces de réparation des pointes émoussées,

    "il est très difficile d'admettre [...] que cet instrument pourrait n'avoir été qu'un passe-lien" (Stordeur-Yedid, 1979).


    "Que les hommes préhistoriques, comme les cordonniers européens ou les Eskimos, aient utilisé un poinçon pour faire un trou préalable dans les cuirs durs et épais, c'est vraisemblable, cela ne signifie nullement qu'ils n'aient pas cousu des cuirs souples, fins, propres à la fabrication de vêtements en les cousant directement à l'aiguille, ce qui expliquerait toute la recherche, au Magdalénien, de formes et de dimensions adaptées ainsi que les traces d'usage et de fracture" (ibid.).


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