~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

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    2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

    Message par Danelle le Lun 30 Nov - 22:10

    VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.








    Silex : (mot latin signifiant "pierre dure, caillou" Larousse, Dictionnaire étymologique et historique du français, 2000)

    Roche sédimentaire siliceuse très dure, constituée de calcédoine, de quartz et d'un peu d'opale, se présentant en rognon dans les roches carbonatées.
    (Le Petit Larousse, 2009)











    .


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    Danelle
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    Re: 2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

    Message par Danelle le Lun 30 Nov - 22:11

    La Formation du Silex.







    Le silex est une roche sédimentaire siliceuse très dure constituée de calcédoine (cristallites de quartz), et les phénomènes très complexes qui conduisent à sa formation ont fait qu'il existe de nombreuses variations dans l'aspect (couleur, dimension, forme), la qualité ou l'abondance des silex.

    Le silex correspond à une précipitation de silice, et est localisé de manière préférentielle dans les calcaires. En effet, il est apparu en même temps qu'eux, au cours du Crétacé (145 à 65 millions d'années) :  à cette époque, le climat est chaud et humide et les océans sont riches en silice, proche du seuil de saturation. Ceci a favorisé la cristallisation de silicates, pour former des calcédoines, puis des silex.
         
    La formation du silex est conditionnée par ces conditions climatiques très particulières qui n'ont pas durées : le silex est une roche fossile du Crétacé supérieur qui ne se forme plus dans l'environnement actuel.
             
                   
                           

    photos : Trenen23




    Les silex sont des accidents siliceux qui apparaissent dans des roches calcaires, en particulier de la craie. Ils apparaissent en fines couches ou en rangées de nodules dispersés. Ils sont de forme irrégulière : en rognons, en tubercules, en colonnes, en couches, en réseau, en filons.

    On distingue généralement deux parties : un cœur ou nucléus, plus sombre, gris ou noir, et un cortex plus clair :

                     




    ► LA FORMATION DU SILEX.


    La craie se forme à partir de coquilles carbonatées de plancton au niveau de lagunes.
    Les silex peuvent se former dans les mêmes conditions que la craie, sauf qu'ils sont issus de boues siliceuses. Ces boues contiennent de fortes quantités de silice (SiO2), qui vont donner dans ces conditions du quartz. Le quartz est le minéral constitutif majoritaire des silex.

    Cette silice provient du plancton marin, qui possède un squelette siliceux et non calcaire. Lorsque les planctons meurent, leurs squelettes tombent au fond et forme une boue. A ces fortes pressions, la boue donne avec le temps des silex. Parmi ces unicellulaires planctoniques on peut citer:
    - les diatomées marines, faisant partie du phytoplancton, qui sont des algues unicellulaires à test siliceux.
    - les radiolaires, qui font partie du zooplancton, possèdent des test siliceux munis de pointes, appelées spicules.
                     
                   

    Détails de squelettes de diatomées  
    © Adrien Bussard et Pascal Jean Lopez.




    Tests de radiolaires.
                   




    Dans ces lagunes se développe une grande quantité de microorganismes le plus souvent à squelette carbonaté. Cependant, il en existe une minorité à squelette siliceux. La plupart du temps, on obtient donc des boues largement carbonatées qui engendreront de la craie. La faible proportion de silice sera intégrée à l'argile présente dans la craie.

    Cependant par moment, les conditions du milieu changent et la quantité d'oxygène de l'eau des lagunes diminue (le milieu est hypoxique). Ces nouvelles conditions sont alors à l'avantage des espèces à squelette siliceux. Leurs populations augmentent et supplantent celles à squelettes carbonatés. Les boues deviennent alors siliceuses et donnent des silex.



    → Les silex s'organisent en lignes car ils se forment à partir de sédiments qui se déposent en couche. La couche est rarement continue, mais on observe des silex distincts les uns des autres appelés "rognons de silex". Ces couches reviennent de façon assez régulière ou cyclique, à chaque fois que le milieu devient hypoxique.
    Ces baisses cycliques de la teneur en oxygène seraient liées à des développements trop abondants du plancton carbonaté. Cela entrainerait leur asphyxie, au profit des organismes siliceux qui prolifèreraient.
                 
                 
               
    Plus de détails sur la formation du silex.

               

    .


    Dernière édition par Danelle le Mar 1 Déc - 16:59, édité 1 fois
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    Re: 2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

    Message par Danelle le Mar 1 Déc - 16:50

    Intérêt de la variabilité des silex pour l'archéologie.





    Du fait des conditions particulières de sa formation, le silex présente des variations morphologiques importantes.



    ► Diverses méthodes sont utilisées pour déterminer les origines du silex :
    → Certaines sont très élaborées, comme l'analyse des éléments traces par activation neutronique (Luedtke, 1978, 1979).
    → L'étude des micro-fossiles présente une réelle efficacité quand ceux-ci sont conservés.
    → La simple identification du silex à l'aide de critères visuels (couleur, inclusions,...) reste la méthode la plus usitée et la plus efficace : celle-ci est en effet facile à mettre en œuvre et non destructrice de l'échantillon, ce qui est essentiel en archéologie.
      
      
    Quelques aspects possibles du silex :


    photos tirées du site Le Silex.





    Il est ainsi possible d'établir des cartes de répartition des principales formations de silex.
    C'est par exemple le cas pour le sud de la France : Une carte et une base de données pour les formations à silex du sud de la France : un outil pour la pétroarchéologie (article : PALEO Revue d'Archéologie Préhistorique n°24, 2013).





    ► Cette variabilité importante des silex est intéressante pour les archéologues car elle permet de connaitre l'origine géographique d'un silex : comme on va le voir dans les exemples à suivre, cette connaissance des types de silex permet de "percevoir des circulations de ce matériau sur plusieurs centaines de kilomètres" (Demars, La structuration de l'espace chez les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur, 2001).


    D'une façon générale, on peut dire que dans la grande majorité des sites d'habitat, on retrouve à la fois des silex issus de gîtes locaux, et (en moins grande quantité) des silex provenant de gîtes plus éloignés.

    Ainsi, on peut considérer qu'il existe dans chaque industrie paléolithique deux grandes catégories de matière première lithique en fonction de l'éloignement de la source :

    les silex locaux, qui proviennent de gîtes situés au maximum à une dizaine de kilomètres du site d'habitat, c'est à dire à moins d'une journée aller-retour de l'habitat. "Dans ce cas, l'investissement en temps et en énergie dans l'approvisionnement en matière première est relativement minime puisqu'il ne nécessite pas l'installation d'un camp de terrain" (Demars, 1998). On constate alors que la quasi-totalité des opération de taille se sont sur le site d'habitat : les matériaux sont introduits sous forme brute ou faiblement dégrossie. D'autre part, ces silex peuvent être de qualité médiocre.

    les silex allochtones, qui proviennent de gîtes relativement éloignés, au delà d'une vingtaine de kilomètres, voire plus de 80 km. Contrairement aux silex locaux, ceux-ci sont transportés plutôt sous forme déjà élaborée, et ce sont souvent de belles pièces, exclusivement en matériaux de très bonne qualité.



    ► Les modes de transport de la matière première lithique.

    L'étude des vestiges lithiques montre que suivant le type de silex et la proximité plus ou moins grandes da sa source, les différentes étapes de la taille n'ont pas toujours été effectuées sur le site :
    • on peut rencontrer des ateliers de taille près des gîtes de matières premières, mais on ne retrouve alors principalement que les vestiges des premiers stades de la taille des silex ;
    • au contraire, dans les habitats éloignés de la source des silex, on ne retrouve que des vestiges correspondant aux dernières étapes du débitage, voire uniquement les produits finis.

    "En conséquence, on peut conclure que les silex allochtones ont été introduits dans le site généralement sous forme de produits élaborés (lame, outil). De ce fait, la fréquence des silex locaux est plus élevée dans le débitage que dans l'outillage ; ce rapport s'inverse pour les silex allochtones" (Demars, 1998).
    .


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    Re: 2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

    Message par Danelle le Mar 1 Déc - 21:45

    Étude des silex allochtones.







    L'interprétation de la présence de ces silex allochtones est délicate, et l'on peut envisager deux hypothèses (Bordes, Bon et Le-Brun-Ricalens, Le transport des matières premières lithiques à l'Aurignacien, 2001) :
                             
    ► Ces objets peuvent refléter le déplacement (saisonnier?) de groupes sur des distances correspondant à la fréquentation de vaste territoires de subsistance (il faut alors envisager de forts recouvrements entre les territoires de plusieurs groupes).
                             
    ► Ces objets peuvent constituer le témoignage de l'existence de contacts étroits et répétés entre des groupes occupant des régions différentes.


    Deux modèles d'occupation du territoire à l'Aurignacien ancien en Aquitaine :
    a. modèle privilégiant le déplacement ;
    b. modèle privilégiant l'échange.




    Parmi les différentes variétés de silex qu'il avait à sa disposition, l'homme paléolithique a donc fait des choix, en fonction de divers facteurs que l'on peut regrouper en deux catégories :

    → d'une part, les qualités mécaniques du silex ;

    → d'autre part, son accessibilité : éloignement du site d'habitat, plus ou moins grande abondance, possibilité d'accéder facilement à l'affleurement de silex...
     


    Toutefois, il ne faut pas négliger d'autres aspects qui ont certainement influencé le choix du silex, tels que les aspects esthétiques, symboliques...




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    Re: 2.1.2. VARIABILITÉS DES TYPES DE SILEX ET APPLICATIONS EN ARCHÉOLOGIE.

    Message par Danelle le Lun 11 Avr - 22:19


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