~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

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    1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

    Message par Danelle le Ven 1 Jan - 18:35



    Dernière édition par Danelle le Ven 1 Jan - 18:43, édité 1 fois
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    Re: 1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

    Message par Danelle le Ven 1 Jan - 18:36

    Les sites magdaléniens de la vallée de l'Aveyron.






    D'après LADIER (E.), WELTÉ (A.-C.), 2005 : Territoires culturels au Magdalénien supérieur dans la vallée de l’Aveyron : éléments d’approche.

    in : JAUBERT (J.), BARBAZA (M.), Territoires, déplacements, mobilité, échanges durant la Préhistoire. Terres et hommes du Sud, Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 126è, Toulouse, 2001.



    Situés entre le Massif Central et le Bassin Aquitain, les plateaux calcaires des Causses du Quercy (Causse Martel, Causse de Gramat, et Causse de Limogne) ont une altitude inférieure à 450m. Ces Causses sont traversés d'Est en Ouest par la Dordogne, le Lot et l'Aveyron.

    L'Aveyron traverse le Causse de Limogne pour atteindre l'Aquitaine. Sa vallée très encaissée change trois fois de direction entre le confluent de la Bonnette au nord et celui de la Vère au sud.
    La vallée de l'Aveyron regroupe sur cette vingtaine de kilomètres une concentration remarquable de sites paléolithiques.
     
     

    La vallée de l'Aveyron, entre Saint-Antonin-Noble-Val et Bruniquel.


    Des études plus précises sur 7 de ces sites ont permis de préciser la chronologie d'occupation :


    Chronologie du Magdalénien dans la vallée de l'Aveyron (Ladier, Welté, 2005).





    ► LA PRÉSENCE DE RESSOURCES.



    → L'EAU.

    L'Aveyron est à proximité immédiate, dans la plupart des cas à moins de 50 m des habitats.


    → LES MATIÈRES PREMIÈRES.

    Certains des silex retrouvés dans ces sites utilisés ont une origine relativement lointaine (Bergeracois, Fumélois, Charentes, Pré-Pyrénées) mais la plupart sont un silex tertiaire local dit « du Verdier », récoltés directement au Verdier, ou dans la vallée de la Vère.

    De même, les supports lithiques gravés ou sculptés sont essentiellement en calcaire local.


    → LA FAUNE.


    La configuration de la vallée en fait un véritable couloir de circulation entre les plaines de bassin de la Garonne et les plateaux du Rouergue. Les versants sont infranchissables. Mais le fond de la vallée est en revanche assez large pour permettre le passage de troupeaux de plusieurs centaines de têtes, contraintes en quelque sorte de se diriger vers les gués et les confluents pour les emprunter.
    Les gués actuels sont fréquents, repérables par les effleurements rocheux, les bancs de sable ou de galets. La plupart sont des seuils rocheux, on peut donc penser qu'ils existaient déjà au Magdalénien.



    Faune chassée (Ladier, Welté, 2005).

    Les herbivores constituent l'essentiel de la faune chassée (Renne dominant, et cheval). Mais des poissons et des Oiseaux ont été collectés, ainsi que quelques Carnivores (Ours, Renard).



    ► LES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES, GÉOLOGIQUES, CLIMATIQUES ET TOPOLOGIQUES.


    La vallée bénéficie actuellement d'un micro-climat particulier, grâce à la protection des puissants escarpements qui l'encadrent. On y rencontre des éléments de flore méditerranéenne. Il n'est pas douteux que les hommes du Paléolithique supérieur ont également bénéficié d'un micro-climat particulièrement favorable, dans un contexte plus froid.
      

    Données topographiques (Landier, Welté, 2005).




    Les occupations humaines sont de trois types : abris en pieds de falaise, grotte et site de plain air.
    Bien que les orientations soient variées, l'axe de des habitations étant perpendiculaire à la vallée, celles-ci sont abritées du vent (déjà affaibli par son passage dans une vallée encaissée et méandriforme).
    L'accès à la rive est toujours facile (moins de 50 m dans la majorité des cas), et à proximité des sites, la rivière présente toujours des seuils rocheux, ainsi qu'un accès au plateau par des vallées sèches.

    Pour certains sites, la saison d'occupation a pu être déterminée (étude des bois de rennes, saumons). Les abris occupés durant la bonne saison (de fin avril à novembre) sont à l'ombre en hiver, ce qui les rend particulièrement froids et humides à cette saison.
           
                
                  
                 



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    Re: 1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

    Message par Danelle le Ven 1 Jan - 18:38

    Les sites magdaléniens du Velay, dans le Massif Central.





    D'après BRACCO (J.-P.), 1991 : Le Paléolithique supérieur du Velay (Massif Central, France). Habitat, circulations et phases de peuplements.

    in : Bulletin de la Société préhistorique française, 1991, tome 88, n°4, pp 114-121.


    D'après BRACCO (J.-P.), 1996 : Du site au territoire : l'occupation du sol dans les hautes valées de la Loire et de l'Allier au Paléolithique supérieur (Massif central, France).

    in : Gallia préhistoire, 1996, tome 38, pp 43-67.




    Vue panoramique vers les monts du Velay.







    ► Situé à l'Est du Massif Central, le Velay est une région de moyenne montagne, d'environ 2 000 km², bien individualisée par ses caractères morphologiques et géologiques, et constituée de deux zones nettement différentiées :


    • La majeure partie de cet espace est constitué de vastes étendues de plateaux, principalement volcaniques, dont le plateau basaltique du Devès : vaste plateau de 850km² et d'altitude moyenne de 1 000 mètres, mais dont les pitons volcaniques peuvent atteindre jusqu'à 1 200 - 1 300 mètres.
                                      
    • Les vallées de la Loire et de l'Allier, encadrant le massif du Devès sur ses bordures orientale et occidentale, qui coulent vers le Nord et forment souvent des gorges profondes, mais dont les cours sont parfois élargis à la faveur de petits bassins d'effondrement tectonique ou par déblaiements de sédiments plus meubles. L'altitude de ces vallées est comprise entre 450 et 900 m, donc le plus souvent très inférieure à celle des plateaux qui les environnent.



    Cet ensemble est entouré par des massifs montagneux d'altitude moyenne à élevée : Margeride-Cantal à l'ouest, Lozère- Tanargue au sud, Mézenc-plateau ardéchois à l'est.



    Ceci offre au Velay une situation en cul-de-sac, ouvert vers le nord part son réseau hydraulique principal.







    ► Des travaux ont permis de reconstituer les conditions paléoenvironnementales du Würm récent : "sur tous les hauts sommets périphériques se développent des glaciers permanents selon une ligne d'équilibre comprise entre 1000 et 1200 m d'altitude. Séparant les vallées de la Loire et de l'Allier, le plateau du Devès n'est pas englacé mais recouvert d'une épaisse couche neigeuse quasi-permanente" (Bracco, 1996).

    Ces conditions sévères limitent et compartimentent l'espace disponible pour les groupes humains. Dans ce contexte, la pénétration du massif par le nord, à la faveur des vallées principales de la Loire et de l'Allier, semble le seul accès praticable.



     


    LOCALISATION DES GISEMENTS DU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR EN VELAY :


    1. Abris de Blassac-les-Battants ;
    2. Abris du Blôt ;
    3. Le Degauve ;
    4. Grotte et abris de Tatevin ;
    5. Abri du Rond à Saint-Arcons ;
    6. Abri de Combrai ;
    7. Grotte Béraud ;
    8. Grotte de La Forêt ;
    9.
    Grotte de Cottier ;
    10.
    Abri de Peylenc ;
    11. Abri de Blazovy ;
    12. Grotte Rouge du Mont Brunelet ;
    13. Grotte du Rond-du-Barry ;
    14. Grotte de Sainte-Anne ;
    15. Abri Laborde ;
    16. Abris de Baume-Loire 1 et 2 ;
    17. Abri de Ceyssous-Loire ;
    18. Abri de Longetraye ;
    19. Abri de la Roche à Tavernat.









    ► LA PRÉSENCE DE RESSOURCES.



    → L'EAU.

    Tous les sites actuellement connus en Velay, excepté celui de Longetraye, sont localisés dans les hautes-vallées de la Loire, de l'Allier ou sur leurs affluents, le plus souvent dans des abris sous-basaltiques ou bien au pied des falaises.
     
    Notons que les prospections menées depuis plusieurs années dans la région permettent d'affirmer que cette répartition des gisements uniquement dans les vallées ne correspond pas à un état de la recherche, mais bien à un choix délibéré de la part des magdaléniens. En effet, si les vallées ont fait l'objet de nombreuses recherches, les plateaux ont eux-aussi été largement explorés par les archéologues. Et malgré les difficultés rencontrées pour identifier des sites de plein air, de nombreux gisements ont été découverts pour les périodes du Paléolithique inférieur (Soleilhac, Pié du Roi), du Paléolithique moyen (Rochelimagne), ainsi que de très nombreux gisements néolithiques et proto-historiques. "L'absence d'occupations contemporaines du seul Würm récent apparaît alors comme significative" (Bracco, 1996) : ainsi, l'occupation dans les vallées, au pied des abrupts basaltiques est le mode d'installation vraisemblablement préférentiel au Magdalénien.
        
    Néanmoins, l'implantation des gisements semble largement tributaire des bassins et micro-bassins qui fractionnent le cours souvent très encaissé des rivières. Ainsi, la majorité des sites se trouvent dans un environnement plutôt ouvert, délaissant les parties encaissées au profit principalement des bassins et des zones élargies des fonds de vallées.

        
       
    → LES MATIÈRES PREMIÈRES.

    • Au Magdalénien ancien, des sites se retrouvent dans les deux vallées. On retrouve une industrie sur petits éclats et de courtes lames à section souvent triangulaire.
    Le quartz local a été utilisé, parfois de façon assez intensive, néanmoins de nombreux silex sont d'origine exogène (sud du bassin parisien), en accord avec l'hypothèse d'une remontée le long des vallées à l'occasion d'épisodes climatiques plus cléments.
        
    • Au Magdalénien supérieur, les silex autochtones sont de plus en plus abondants, mais on retrouve également des silex provenant du Nord ou du Nord-Est du Massif Central (des relations avec la Basse-Auvergne sont attestées également par l'étude typologique des industries). Ainsi, le Magdalénien supérieur du Velay n'apparait pas isolé, mais se rattache à un ensemble auvergnat homogène.
     
      
     
    → LA FAUNE.

    Les analyses palynologiques et paléontologiques de certains gisements situés dans les vallées (Cottier, Blôt) montrent le développement de flores arbustives et de leurs faunes associées. On retrouve ainsi des espèces adaptées aux climats froids, ainsi des espèces adaptées à des climats un peu plus tempérés et qui se sont maintenu de façon plus ou moins prononcée selon les gisements.

    Bracco avance l'hypothèse qu'au cours des épisodes plus tempérés de la dernière glaciation de Würm, les vallées ont été colonisées par la faune et la flore, mais sans répercussions sur le plateau, où les études palynologiques n'ont montrer que la présence de rares herbacées durant toute la période.

    Au cours du Magdalénien supérieur, l'amélioration climatique de plus en plus marquée s'accompagne de la multiplication des sites dans les vallées et de l'apparition de sites sur le plateau (Longetraye). Cette colonisation peut être due à la poursuite du renne qui remonterait dans la vallée à la recherche de conditions climatiques mieux adaptées à son mode de vie.
             
                
                 
                 

    ► LES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES, GÉOLOGIQUES, CLIMATIQUES ET TOPOLOGIQUES.




    → Le choix des FALAISES BASALTIQUES est lié aux capacités calorifères que possède cette roche. Le basalte emmagasine en effet la chaleur lorsque la paroi est au soleil et la restitue une fois que l'ombre survient.

    Cette qualité permet de remarquables écarts de températures entre les pieds de falaises basaltiques et les zones directement avoisinantes. Ainsi, J.-P. Bracco a mesuré, mi-décembre 1989, un écart de 13°C en faveur de l'abri du Rond par rapport au plateau (+9°C / -4°C). Même si le caractère abrité des falaises permet dans tous les cas un gain thermique, les écarts sont loin d'atteindre de telles proportions aux pieds des falaises granitiques.





    → L'étude de L'ORIENTATION et L'ALTITUDE des gisements montre des choix bien précis de la part des Magdaléniens : on constate qu'une majorité de gisements sont orientés selon une composante Sud, et les altitudes sont majoritairement comprises entre 500 et 900 m :

    (l'orientation correspond aux points cardinaux, l'altitude est matérialisée par les cercles concentriques)



    • Le choix de l'orientation correspond au rôle de "réflecteur de chaleur" des parois basaltiques : les conditions optimales des capacités calorifères des parois basaltiques sont obtenues lorsque la paroi est orientée au Sud-Est, comme l'a montré J.P.Raynal  : "l'ensoleillement matinal permet à la température d'augmenter rapidement. Lorsque la paroi est à l'ombre, l'après-midi, elle restitue les calories accumulées" (Raynal, Le bassin du Puy aux temps préhistoriques, 1981).

                                  
    L'altitude des sites est également liée aux conditions d'exposition et d'ensoleillement dans ces vallées étroites et sinueuses. L'altitude maximale est de 650 mètres sur l'Allier et de 900mètres sur la Loire. Ces altitudes correspondent à un même phénomène : un resserrement des vallées, qui deviennent alors plus étroites et sinueuses, rendant les conditions d'exposition et d'insolation plus difficiles.




    Ainsi, la distribution des sites ne répond pas uniquement à des facteurs climatiques globaux, variables dans le temps. "La durée journalière de l'ensoleillement semble bien être un des critères discriminants" (Bracco, 1996).





    ► BILAN :

    Les critères d'implantation des gisements du Velay semblent donc très stables pendant toute la durée du Paléolithique supérieur :

    - localisation dans des vallées ;

    - altitude et orientation liées à l'exposition et à l'ensoleillement.




    Les avantages d'une localisation privilégiée dans les vallées peuvent être décrites comme suit (Bracco, 1996) :
    • les vallées représentent les zones de basses altitude et les seules libres de glace pendant une grande partie de la fin de la dernière glaciation ;
    • par rapport aux plateaux, elles sont très riches en falaises basaltiques ;
    • elles offrent la proximité des matières premières dont les gîtes se trouvent au sein des épandages de galets alluviaux : silex (chailles) et dans une moindre mesure galets de quartz ;
    • l'accès à l'eau est immédiat ; les plateaux environnants sont eux-aussi riches en sources ou lacs, notamment celui du Devès ; mais il n'est pas certain que ceux-ci étaient disponibles à la fin du Pléistocène : des travaux récents ont confirmé par exemple que l'englacement du lac du Bouchet a pu, au pléni-Würm, durer plusieurs siècles ; actuellement, le cycle de gel annuel sur le plateau est encore de plusieurs semaines ;
    • enfin, les zones ouvertes permettent un bien meilleur ensoleillement.





    Gorges de l'Allier dans les monts du Velay.
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    Re: 1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

    Message par Danelle le Ven 1 Jan - 18:39

    Les sites du Paléolithiques supérieur du Nord de l'Aquitaine.




    D'après DEMARS (P.-Y.), 2005 : La structuration de l'espace chez les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur dans le nord de l'Aquitaine.

    in JAUBERT (J.) et BARBAZA (M.), 2005 : Territoires, déplacements, mobilités, échanges durant la Préhistoire. Terres et Hommes du Sud. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 126e Toulouse 2001.





    Dans une Europe enclavée à l'époque glaciaire, bénéficiant de rares couloirs de circulation est-ouest, le Sud-Ouest de la France apparait comme une zone refuge délimitée par l'Océan et les Pyrénées.



    L'Europe au dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans.







    ► LA PRÉSENCE DE RESSOURCES.


    L'EAU.

    Deux traits majeurs déterminent l'aspect physique de cette région :

    • l'omniprésence du substratum calcaire ;

    • le foisonnement du réseau hydrographique axé sur deux cours d'eau principaux : la Dordogne et la Vézère, complétés par l'Isle.





    Les vallées découpées par ces cours d'eau présentent de "larges pans calcaires, entaillés de ressauts, surplombs et encoches, ébréchés d'anciennes vallées sèches" (Cleyet-Merle, La province préhistorique des Eyzies, 400 000 ans d'implantation humaine, 1995). Dans les convexités des méandres, on trouve des terrasses alluviales.

    "Au gré de [ces] méandres, se succèdent rives et versants orientés au nord, empâtés de dépôts détritiques, couverts de broussailles et d'arbustes, et falaises irrégulières littéralement truffées de grottes et abris sous roche, bien exposés au sud, naturellement propices aux premières occupations humaines" (Ibid.).





    Vallée de la Dordogne en Quercy.





    LES MATIÈRES PREMIÈRES.


    Les sociétés préhistoriques du Nord de l'Aquitaine avaient à leur disposition différents types de silex de diverses qualités, plus ou moins abondants, dont les gîtes se trouvaient à des distances variables des habitats.




    Répartition géographique des types de silex dans le Nord de l'Aquitaine.
    in DEMARS, Circulation des silex dans le Nord de l'Aquitaine au Paléolithique supérieur, Gallia Préhistoire, tome 40, 1998.




    → LA FAUNE.

    R. K. White (The upper paleolithic occupation of the Perigord : A topographic approach to subsistence and settlement, 1980) voit dans les cours d'eau descendant du Massif Central des axes privilégiés pour la migration des rennes qui devaient transhumer entre le bassin Aquitain et le plateau Limousin.
    Aussi, se basant sur les stratégies de chasses des peuples chasseurs de rennes des régions sub-arctiques qui pratiquent des abattages importants à l'automne, lors de la migration saisonnière des rennes, quand les animaux sont particulièrement chargés en graisse pour affronter l'hiver, il propose de considérer les sites du Périgord comme des habitats de mauvaise saison associés à des grands abattages de rennes au cours de leur migration.


    A l'appui de cette théorie, l'étude de la composition de la grande faune des sites du Paléolithique supérieur de la région montre que :

    • les rennes représentent moins de 50% des espèces dans la partie Ouest (Gironde) ;


    • en Périgord, P.-Y. Demars note une partition entre les sites des grandes vallées (Vézère, Dordogne) et les autres. Ainsi, le Renne est majoritaire dans les restes faunistiques des sites de la vallée de la Vézère (Laugerie-Haute, La Madeleine, Pataud..) et de la Dordogne (Le Flageolet), au contraire des sites du sud du Périgord qui ne se trouvent pas dans les grandes vallées (La Ferrassie, Caminade, La Faurélie, Gabillo, Jumeau) où le renne n'est pas très dominant.

    Ainsi, Demars propose de voir dans cette répartition différentielle des restes de rennes "une spécialisation de la chasse, plus précisément, une spécialisation saisonnière ; ces sites étaient occupés à des périodes différentes de l'année : ceux des grandes vallées [à l'automne], lorsque les rennes étaient nombreux aux environs de l'habitat, ceux de leurs affluents [lors de la belle saison] lorsqu'ils avaient en partie disparus de la région" Demars, 2001).






    LES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES, GÉOLOGIQUES, CLIMATIQUES ET TOPOLOGIQUES.


    La répartition des sites d'habitat du Paléolithique supérieur dans le Nord de l'Aquitaine varie en fonction du climat :

    Au cours des périodes froides, comme le Magdalénien, les habitats sont répartis de façon inégale, avec des zones de concentration, et des zones vides : les sites sont principalement sous-abris et localisés dans les vallées, plus particulièrement dans la zone "Basse vallée de la Vézère—Beune".



    Répartition des sites d'habitat dans le Nord de l'Aquitaine au Magdalénien.


    • Cette prééminence des vallées semble être essentiellement liée à des facteurs climatiques, puisque cette localisation des sites uniquement dans les vallées disparait lors des périodes plus tempérées, au cours desquelles les sites sont répartis sur l'ensemble du territoire.
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    Re: 1.2. ANALYSE DE L'IMPLANTATION DE QUELQUES SITES D'HABITAT AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.

    Message par Danelle le Lun 11 Avr - 22:06


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