~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    DÉFINITIONS ET GÉNÉRALITÉS.

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    Danelle
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    Date d'inscription : 22/09/2015

    DÉFINITIONS ET GÉNÉRALITÉS.

    Message par Danelle le Mar 22 Sep - 20:56




    "Nos ancêtres ont survécu sur terre comme en mer, dépendant entièrement des animaux.
    Ce ne fut pas facile pour eux, mais ils ont survécu à de nombreux périples dangereux et à des hivers extrêmement rigoureux.
    Ils n'ont pas survécu uniquement pour eux, mais également pour assurer l'avenir de leur peuple."


    (H. Brady, Land Occupancy, 1976).






    Bien que moins prestigieux et moins connu que celui de la Dordogne, "le bassin de la Charente a acquis depuis plus d'un siècle une notoriété mondiale dans le domaine de la Préhistoire" et nombre de ses sites sont largement connus de la communauté scientifique nationale et internationale (Debénath, La recherche préhistorique en Poitou-Charente : le Paléolithique supérieur du bassin de la Charente, 2005).

    La connaissance de nombreuses civilisations du Paléolithique supérieur dès la seconde moitié du XIXè siècle a très vite révélé l'importance de cette région. Malheureusement, les fouilles effectuées trop tôt et de façon trop intensive (ainsi que les fouilles clandestines) ont laissé des lacunes importantes dans la connaissance de ces sites, et les résultats obtenus au XIXè et durant la première moitié du XXè siècle "sont à considérer avec de grandes réserves" (ibid.).

    Pour J. Clottes, "la région Poitou-Charentes constitue — à l'instar du Périgord — l'un des lieux privilégiés de la Préhistoire, particulièrement en ce qui concerne le Paléolithique" (Préhistoire en Vienne et Charente, 2010).



    DÉFINITIONS




    ► L'HOMME ET L'ANIMAL.



    Animal, -aux, n.m. :

    du latin anima : "souffle, vie"


    1/ (Concept général, incluant l'homme)

    Être vivant organisé, doué de sensibilité et de motilité, hétérotrophe (mais difficile à distinguer du végétal unicellulaire).


    2/ (Concept excluant l'homme)

    Être vivant non végétal, ne possédant pas les caractéristiques de l'espèce humaine (langage articulé, fonction symbolique, etc...) ; bête (insecte, mammifère, mollusque, oiseau, poisson, reptile, ver, etc...).


    (in Petit Robert)




    Ainsi, la relation complexe existant entre l'homme et l'animal peut être envisagée selon deux points de vue :
     
        • d'une part, l'homme est un mammifère qui appartient au règne animal. Ce premier aspect est défini par A. Leroi-Gourhan (1988) à l'aide du terme d'anthropozoologie naturelle, "qui s'intéresse au rôle de l'animal en nous".
       
         d'autre part, l'humain peut être considéré comme étranger au monde animal : l'homme se considère souvent comme extérieur au règne animal, avec lequel il vit pourtant en étroite relation. Ce second aspect est décrit par Leroi-Gourhan à l'aide du terme d'anthropozoologie culturelle, qui étudie "l'intégration de l'animal dans le domaine humain".
    C'est dans ce second sens que la relation existant entre l'homme est l'animal en Charente,
     au cours du Solutréen, sera abordée ici.











    ► Le SOLUTRÉEN







    Le Solutréen est l'une des cultures de la phase terminale du Paléolithique supérieur.


    Son nom a été créé par G. de Mortillet à partir du site préhistorique éponyme, situé au pied de la Roche de Solutré (Saône-et-Loire).



      D'après E. B. Tylor au XIXè siècle, une Culture est "un ensemble complexe de savoirs, de croyances, d'art, d'éthique, de coutumes, et de toute aptitude et habitude que l'homme acquiert en tant que membre d'une société".





    On peut noter ici que contrairement à la majorité des grandes divisions du Paléolithique supérieur, le Solutréen présente la particularité d'avoir une extension géographique limitée au Sud-Ouest de l'Europe. Outre cette relative concentration géographique, le Solutréen est également considéré comme [la culture] du Paléolithique supérieur la plus resserrée dans le temps puisque qu'il couvre, selon les estimations, moins de deux millénaires en chronologie C14.


    D'autre part, au Solutréen, le climat correspond à la dernière glaciation, entre 25 000 et 16 000 ans. Du fait de l'existence de glaciers importants, l'Europe centrale se trouve en grande partie inhabitée, et les cultures paléolithiques qui se développent alors en Europe de l'Est et celles de l'Europe du Sud-Ouest se trouvent séparées.





    ► Des animaux sauvages uniquement.




    Les relations existant entre l'homme et les animaux ont toujours été complexes.
    Au Paléolithique, les animaux ne sont pas encore domestiqués ; l'homme n'a donc de rapport qu'avec des animaux sauvages.






    → Les animaux agresseurs.

    Certains animaux affrontent délibérément l'homme. Les attaques directes sont diversement motivées : se nourrir, protéger les petits, chasser un intrus, se défendre... Ces attaques sont le fait d'animaux tels que les lions, les panthères, les ours, mais aussi les serpents, les abeilles...
    D'autres animaux pratiquent des "attaques" indirectes, en dérobant par exemple la nourriture de l'homme : ce sont les chapardeurs, comme les hyènes ou les renards, parfois même les loups.
    Malheureusement, ces relations entre l'homme et l'animal n'ont pas laissé de traces archéologiques utilisables
    et ne seront donc pas abordées par la suite.




    → Les animaux exploités par l'homme.

    DELORD souligne que "quels que soient le nombre (considérable) des animaux indifférents à l'homme, l'importance (fondamentale) de ceux qui lui sont hostiles, et la masse de ceux qui profitent de lui, [...], l'un des principaux rapports homme-animal qui s'impose aujourd'hui à notre esprit est l'exploitation de l'animal par l'homme, qui a commencée depuis les premières civilisations."
    C'est sous cet angle que la relation entre l'homme et l'animal sera abordée par la suite.










    ► Les relations entre l'homme et l'animal au Solutréen.



    En se basant sur le critère capital de l'acquisition alimentaire, les préhistoriens ont défini deux types fondamentaux d'économies, répartis de part et d'autre de la Révolution Néolithique.
    Au Paléolithique, les hommes pratiquent une économie de Chasseurs-Cueilleurs.
    "Lors des périodes paléolithiques, l'homme n'avait à sa disposition que des moyens techniques limités et n'avait pas encore inventé la domestication. Il participait à l'écosystème au même titre que les autres prédateurs tels les grands carnivores. L'effectif humain dépendait de la quantité de nourriture disponible, en particulier la nourriture carnée" (Delpuech, Biomasse d'ongulés au Paléolithique et inférences sur la démographie, Paléo, 1999).
      
      
      






    • Ainsi, pour l'homme Solutréen, l'animal représente une source d'alimentation essentielle,
    ainsi que la base de son industrie.





    • De plus, de tous temps, l'animal est intervenu dans les cultures humaines :
    au Solutréen, il est l'une des principales sources d'inspiration des artistes.







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    À suivre : 1. INTRODUCTION.

      La date/heure actuelle est Mar 22 Aoû - 1:35