~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    2.1.3. AUTRES RESSOURCES ALIMENTAIRES D'ORIGINE ANIMALE.

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    2.1.3. AUTRES RESSOURCES ALIMENTAIRES D'ORIGINE ANIMALE.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 19:49

    AUTRES RESSOURCES ALIMENTAIRES D'ORIGINE ANIMALE.




    La pêche :


    • généralités,

    • la pêche au Solutréen.



    La cueillette :



    • animaux immobiles ou suffisamment lents,

    • les œufs,

    • le miel,

    • autres.



    Dernière édition par Danelle le Lun 28 Sep - 13:29, édité 2 fois
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    Re: 2.1.3. AUTRES RESSOURCES ALIMENTAIRES D'ORIGINE ANIMALE.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 20:39

    LA PÊCHE.




    "Parmi les trois activités d'acquisition qui nous apparaissent comme les plus indispensables à la survie de l'homme préhistorique, la cueillette, la chasse et la pêche, c'est sans aucun doute cette dernière que l'on suppose la moins innée, la moins fondamentalement ancrée dans l'inconscient collectif"

    (Cleyet-Merle, La Préhistoire de la Pêche, 1990).




    GÉNÉRALITÉS.



    • L'ichtyofaune solutréenne.


    Les poissons de l'époque solutréenne étaient les mêmes que ceux que l'on peut rencontrer aujourd'hui : l'ichtyofaune actuelle est en place depuis le Tiglien, soit environ 1,6 millions d'années.
     






    • L'achéo-ichtyologie et ses limites.



    L'archéo-ichtyologie consiste :

    - d'une part, à l'analyse morphologique et histologique des restes osseux de poissons retrouvés sur les sites archéologiques,

    - et d'autre part, à l'étude des outils utilisés pour la pêche.




    ► Les traces archéologiques concernant la pêche sont rares, en partie en raison de la fragilité des restes de poissons. "Dans les cas favorables, seules les vertèbres, les dents et les otolithes (petits os de l'ouïe) sont préservés" (Bosinsky, 1990).
    De plus, pour retrouver ces restes, les fouilles doivent être particulièrement minutieuses, et l'archéo-ichtyologie ne s'est développée que très récemment. De ce fait, les fouilles anciennes apportent peu de renseignements concernant les restes de poissons.



    Cependant, les renseignements fournis par l'étude de ces "os" de poissons sont nombreux :

    - détermination de l'espèce,
    - de la taille,
    - de l'origine,
    - et aussi de la saison de capture.











    ► L'une des principales limites de l'archéo-ichtyologie est que de nombreuses formes de pêche ne laissent aucune trace archéologique.


    →  "La pêche à la main, qui s'adresse surtout aux truites dans les cours d'eau peu profonds, est probablement la plus ancienne de toutes les méthodes de pêche.
     
    →  Le barrage des cours d'eau de faible ou moyenne importance à l'aide de fagots de branchages vers lesquels on rabat le poisson, est un procédé facile et efficace.
     
    →  [Les hommes paléolithiques pouvaient également utiliser des] nasses, qui pouvaient être d'osier tressé et de grande dimension, [ou] des filets, dont l'usage est très probable, puisque l'on savait tisser des cordes au Paléolithique supérieur" (R. Parent, Réflexions sur de présumés modes de pêches préhistoriques, Cahiers archéologiques de Picardie, 1980, n°7) : l'abbé Glory a mis au jour, entre 1959 et 1961, dans la grotte de Lascaux, des fragments de cordes qui apportent la preuve du travail des fibres végétales fines à l'époque paléolithique.
    "Dans ces conditions, la fabrication de filets en matière végétale peut raisonnablement être envisagée" (Cleyet-Merle, 1990).
       
           
     








    ► LA PÊCHE AU SOLUTRÉEN.




    • Généralités.



    Pour certains, la pêche est une activité essentiellement magdalénienne. Jusqu'au Solutréen, il s'agissait plutôt de "ramassage de poissons dans des laisses d'eau, ou de petites pêches à la main, au bâton ou à la pierre" (Delluc et Rocques, 1995).

    D'ailleurs, les gisements solutréens ayant livré des restes de poissons sont rares ; il s'agit essentiellement de sites datés du Solutréen supérieur.

    Cependant, O. Le Gall note que "pendant le maximum glaciaire (Solutréen), saumons et truites de mer en migration sont pêchés" (Ichtyophagie et pêches préhistoriques. Quelques données de l'Europe occidentale, Thèse de l'Université de Bordeaux 1 Talence FRA, 1999).




    Malgré tout, Cleyet-Merle (1990) décrit deux types de pêches dès le Solutréen : la pêche passive et la pêche active.


    La pêche passive ne nécessite pas la présence de l'homme sur place lors de la capture du poisson.
    Cela correspond en particulier au piégeage des poissons grâce à des nasses ou des filets qui auraient été fabriqués en matières végétales et donc non conservées. Les nasses et les filets permettent de capturer des poissons de toutes tailles, ce qui permet de justifier la présence, dans les gisements, d'espèces de petite taille difficilement capturables par d'autres méthodes.
     
     






    La pêche active nécessite la présence de l'homme et son action auprès de l'instrument pêchant.

    J.J. Cleyer-Merle souligne que certains outils de pêche rentrent indifféremment dans l'une ou l'autre catégorie (1990).

    Les sites attestant de la consommation de poissons sont de plus en plus nombreux tout au long du Paléolithique supérieur et couvre l'ensemble du territoire.
    D'autre part, pour O. Le Gall, "la conservation des poissons est possible dès l'Aurignacien (1999).
    On peut donc raisonnablement supposer que les solutréens de Charente pratiquaient la pêche, peut-être de façon plus ou moins saisonnière.






    • Outils et techniques de pêche.


    Là encore, les archéologues manquent d'indices matériels, et doivent se tourner vers l'ethnographie afin de formuler des hypothèses.


    Cleyer-Merle souligne d'autre part que l'identification "de l'instrument de pêche ne permet d'aborder sa technique d'utilisation que de manière indirecte, et par là même imparfaite" (1990) : ainsi, par exemple, l'appât utilisé, le type de montage ou de lest, éventuellement de canne, n'ont laissé aucune trace. Or, les pêcheurs actuels savent que pour ce genre de question, chacun a son "truc". Il n'y a aucune raison pour qu'il n'en ait pas été de même à l'époque solutréenne.
    Les sagaies.

    Pour Cleyet-Merle, "tout porte à croire que l'homme préhistorique n'établissait pas entre la pêche et la chasse les mêmes barrières que nous" (1990). Ainsi, il estime que lors d'un guet près d'un point d'eau, lieu stratégique d'affût pour la chasse aux herbivores, une sagaie pouvait changer de cible et être retournée comme un gros brochet par exemple.

    Les hameçons droits.




    Les solutréens pouvaient utiliser des hameçons droits : il s'agit "d'objets plus ou moins rectilignes, pointus aux deux extrémités, de longueur et de section variables, avec dans la partie médiane un renflement ou un étranglement facilitant la fixation de la ligne" (Cleyet-Merle, 1990).
    De tels "hameçons" sont encore utilisés en France au début du XXème siècle. Il s'agit en fait de porte-appâts, les appâts pouvant être des petits poissons, des morceaux de viande, des insectes...

    Proposition de montage d'un hameçon droit, d'après Sirélius,
    La Préhistoire de la Pêche, Cleyet-Merle, 1990.


    L'hameçon droit peut être fabriqué en matière osseuse, mais il est probable qu'il en existait aussi en bois, ou en encore en épine d'aubépine.
    Sur le plan des méthodes de capture, l'hameçon droit relève à la fois de la pêche active (lorsqu'il est fixé à une ligne tenue à la main ou fixée sur une canne), et de la pêche passive (lorsqu'il est monté à plusieurs exemplaires sur une ligne de fond lestée, placée pour la nuit, et destinée à  capturer des carnassiers tel l'anguille).
    De tels objets existent dans les sites paléolithiques depuis l'Aurignacien, mais sont quasiment absents des sites solutréens. Néanmoins, deux pointes doubles assimilables à des hameçons droits ont été retrouvées dans la grotte du Placard.


    Les hameçons plus sophistiqués n'apparaitront qu'au Magdalénien.


    Dernière édition par Danelle le Dim 8 Nov - 22:34, édité 2 fois
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    Re: 2.1.3. AUTRES RESSOURCES ALIMENTAIRES D'ORIGINE ANIMALE.

    Message par Danelle le Lun 28 Sep - 13:25

    LA CUEILLETTE.




    Bien que la cueillette concerne en majorité les denrées végétales,
    ce terme peut s'appliquer également à divers aliments d'origine animale.




    ► Ramassage des animaux immobiles ou suffisamment lents.



    Les hommes du Solutréen devaient sûrement ramasser les escargots, les mollusques des eaux peu profondes, les gros vers blancs,  voir d'autres insectes, ou encore les oisillons ne sachant pas encore voler.

    Si la collecte de coquillages n'avait pas uniquement un but alimentaire (puisqu'ils étaient utilisées comme parure ou comme outils), "on peut néanmoins penser que le premier geste de pêche au mollusque fut motivé par la recherche d'un complément alimentaire ou plus simplement d'une gourmandise, dont la prise de possession se faisait en toute sécurité" (Cleyer-Merle, 1990). "Les hommes ont dû les consommer sur place, au pied des rochers, sur les plages. Seule la matière première à parure était emportée vers l'intérieur des terres où nous la retrouvons aujourd'hui" (Ibid.).



    ► Les œufs.



    Il n'existe bien sûr aucune donnée archéologique, car les coquilles sont trop fragiles pour avoir été conservées. Cependant, "les comparaisons ethnographiques montrent que tous les peuples de chasseurs-cueilleurs en sont friands" (Delluc et Rocques, 1995).

    A. Leroi-Gourhan (1992b) signale aussi que "les œufs sont consommés partout où leur abondance le permet".  
     






    ► Le miel.



    Actuellement, les abeilles mellifères (Apis mellifera) se rencontrent partout où il y a des fleurs, quelle que soit la température. Aussi est-il probable qu'il existaient des colonies d'abeilles en Charente au Solutréen.
    Ainsi, le miel peut être envisagé comme apport de sucres, mais, pour B. et G. Delluc et M. Rocques (1995), cet apport n'aurait été que "épisodique et marginal".
       
         








    ► Les provisions entassées par d'autres animaux.



    Un certain nombres d'animaux accumulent des réserves plus ou moins importantes pour subvenir à leurs besoins durant la période hivernale. Les hommes solutréens ont très bien pu les rechercher et les utiliser pour eux.





    ► Autre.


    G. et B. Delluc soulignent qu'on ne sait "rien sur la consommation du lait", mais ils notent néanmoins que le lait a pu "être prélevé sur les femelles abattues, comme le font les chasseurs arctiques" (L'alimentation au Paléolithique, hominidés.com).
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    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 12:39


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