~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    3.1.3. OS ET MUSIQUE.

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    Danelle
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    3.1.3. OS ET MUSIQUE.

    Message par Danelle le Ven 2 Oct - 22:20

    OS ET MUSIQUE.




    L'homme vit dans un environnement empli de sons de toutes sortes : le vent, l'eau qui coule, les orages, les cris des animaux... La naissance de l'art est attestée au Paléolithique, mais comment savoir si ces peintres, graveurs, sculpteurs étaient également des musiciens ?
    Certains objets retrouvés dans les sites paléolithiques sont susceptibles d'avoir été utilisés pour produire des sons.


     
     


    ► Les phalanges sifflantes.



    Malgré le caractère éphémère des productions sonores, quelques témoignages matériels nous sont parvenus. Ainsi, depuis 1837, les archéologues connaissent les phalanges perforées de cervidés qui sont interprétées comme des sifflets préhistoriques.
     
    Phalange perforée, Laugerie Basse, Dordogne.


    Ces phalanges sifflantes apparaissent dès le Moustérien. Cependant, il est probable que l'homme avait découvert bien avant comment siffler en utilisant des brins d'herbe ou d'autres matériaux végétaux qui n'ont pu être conservés.
     



    Les phalanges percées étaient encore utilisées comme sifflets au début du XXè siècle, par exemple chez les Indiens du Mackenzie, au Nord-Ouest du Canada.

    Toutefois, même si un objet a été utilisé d'une certaine manière à une époque donnée, "cela ne signifie pas qu'il était utilisé de la même manière au Paléolithique supérieur" (Chase, 1990).



    Archéologie expérimentale.


    Une réplique conforme des phalanges percées paléolithiques a été testée en milieu naturel par le professeur W. Pruitt (Université de Manitoba), dans les territoires de l'Est de la Finlande.

    Il a observé le comportement de groupes de rennes lorsqu'il utilisait ce sifflet et lorsqu'il utilisait un sifflet à roulette de police. Le sifflet à roulette provoque la fuite des animaux ; au contraire, la phalange sifflante incite les animaux à s'arrêter en posture d'alerte, sans toutefois déclencher la posture d'alarme (postures décrites en 1971 par Pelosse), ce qui signifie que ce signal n'est pas perçu comme un danger par les animaux (in Dauvois, 1999).

    Aussi M. Dauvois estime-t-il que ces phalanges pouvaient permettre aux hommes paléolithiques "d'échanger des informations entre [eux] sans perturber les animaux". Il n'est donc pas question dans cette interprétation de musique, mais d'un moyen de communication entre les hommes.



     
    ► Les flûtes.



    La flûte apparait au Paléolithique supérieur.  


    Flûte en cubitus de vautour,
    25 000 ans,
    grotte de Veyraud (Aveyron),
    G. Grégoire.



    En 2009, le professeur N. Conard, de l'Université de Tübingen, publie dans la revue Nature la description d'une flûte préhistorique dans la grotte de Hohle Fels au sud-ouest de l'Allemagne. Cette flûte, fabriquée dans un radius (os d'aile) de vautour griffon (Gyps fulvus) de 20 cm, serait vieille de 35 000 ans. Cette datation semble très fiable, étant donné les résultats concordants obtenus par le carbone 14 et par la thermoluminescence, ce qui en fait "le plus ancien de tous les instruments de musique parvenus jusqu'à nous" (Conard, 2009). L'instrument, qui était fragmenté en 12 morceaux, dispose de 5 trous et de deux ouvertures en biseaux à travers lesquels le musicien soufflait.
      
     
    Pour Conard, "il devient de plus en plus évident que la musique faisait partie de la vie quotidienne", et aussi qu'une tradition musicale existait dans le répertoire culturel de l'Aurignacien".
     
    => le son de la flûte des premiers européens modernes ?



     
     



    ► Les rhombes.





    Le rhombe existerait depuis 17 000 à 25 000 ans selon les sources.


    Contrairement aux autres instruments à vent, le son ne provient pas de l'air mis en vibration dans l'instrument, mais de l'air déplacé autour de lui.
    Il s'agit de petites plaquettes de forme ovale allongée, en bois de renne, percées d'un trou à une extrémité, et parfois gravées ou ornées. Une corde, fixée dans le trou à son extrémité, est tenue à la main ou bien attachée à un manche.
     
     

    On le fait tournoyer au dessus de la tête ou devant soi, ce qui produit un vrombissement qui peut être comparé à la sonorité rugissante du vent ou de l'orage. Le ronflement change de tonalité en fonction de la vitesse de rotation.
     
     


     
    Reconstitution de l'utilisation d'un Rhombe,
    dessin du Musée d'Archéologie Nationale.

     
     
     



    Le rhombe est connu universellement chez les peuplades primitives (Nouvelle-Guinée, Australie, Brésil, Amérique du Nord, Afrique du Sud).

    Chez les aborigènes d'Australie, il est considéré comme l'âme du clan et représente la voix des ancêtres. En Europe, il était utilisé par les bergers jusqu'au début du XXè siècle pour effrayer les loups.

    Néanmoins, on ne sait pas quelle fonction avait le rhombe dans la Préhistoire.
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    Danelle
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    Re: 3.1.3. OS ET MUSIQUE.

    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 13:34


      La date/heure actuelle est Mer 18 Oct - 11:15