~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

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    Danelle
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    3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Sam 3 Oct - 23:08

    L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?





    "En apparence, le bois est le principal combustible utilisé. Cependant, des végétaux non ligneux, des excréments d'origine animale et des ossements animaux viennent compléter la gamme des combustibles que l'on retrouve en contexte archéologique" (Thériot-Parisot, Économie des combustibles au Paléolithique, 2001).

    On sait que, compte-tenu des conditions climatiques, la Charente solutréenne était pauvre en arbres, donc en bois de combustion : le paysage solutréen charentais est celui de la Toundra, c'est à dire une formation végétale constituée d'une strate végétale unique, principalement composée de graminées, de carex, de lichens, de mousses et de diverses variétés d'arbrisseaux. 
     
    → Néanmoins, "l'usage de l'os semble relativement constant pendant tout le Paléolithique et ce, indépendamment des variations de climat" (Ibid.). 
     
     






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    Re: 3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Lun 2 Nov - 19:46

    ► L'os, combustible occasionnel ?



    → Sur un site d'occupation ponctuelle (camps de chasse, ou camps d'approvisionnement en matières premières diverses), l'utilisation du bois d'abattage n'est pas possible en raison d'un temps de séchage beaucoup trop long (au minimum 6 mois). Le besoin immédiat de combustibles peut orienter vers le bois de ramassage (bois mort) mais également favoriser l'emploi des os, déjà présents sur le site en tant que résidus alimentaires.
    L'os est alors un combustible de remplacement utilisable.




    Avantages et inconvénients d'un foyer entretenu avec des ossements :

    La combustion est plus lente à s'établir du fait que la température d'ignition de l'os est plus élevée que celle du bois.

    Par contre, en plein air, un foyer où brûle des os est moins sensible à l'humidité.
       
    La combustion de l'os est assujetti à la présence d'un minimum de bois sec dans le foyer : "le processus de combustion de l'os ne s'amorce pas lorsque le foyer est uniquement composé d'os, ou de bois frais et d'os, [...] mais 20 % de bois sec suffisent à initier et entretenir la combustion de 80 % d'os" (Thériot-Parisot, Économie des combustibles au Paléolithique, 2001).
                   
    Enfin, les travaux de S. Costamagno et I. Thery-Parisot ont montré que "la combustion mixte d'os et de bois présentait un avantage en terme de durée de combustion : à masse égale, plus la proportion d'os est élevée, plus la durée de la phase de production de flammes est importante" (Costamagno et Thery-Parisot, Propriétés combustibles des ossements, Gallia Préhistoire, 2005, n°47).

    Si la combustion des ossements produit "des flammes vives et durables, [...] la durée d'incandescence des braises est très brève" (Thériot-Parisot, Économie des combustibles au Paléolithique, 2001).



    → D'autre part, l'ethnographie nous montre que dans les régions où les arbres sont rares, les hommes ont souvent recourt à l'os pour alimenter leurs foyers.

    Hérodote rapporte par exemple que les Scythes entretenaient leurs foyers avec des os : "comme leur pays est terriblement pauvre en bois, les Scythes ont trouvé d'autres moyen de faire cuire les viandes : les victimes écorchées, ils les désossent et jettent la chair dans leurs chaudrons [...] ; ils la font cuire dans ces chaudrons avec, pour combustible, les os des victimes" (in Perlès, 1977).
     
     
     




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    Re: 3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Lun 2 Nov - 19:47

    ► L'os, combustible principal ?




    On peut envisager une utilisation raisonnée de ce combustible en relation avec les activités domestiques établies sur le site : si le bois manque au Solutréen, autours des foyers, les ossements (déchets de l'alimentation) s'accumulent.

    L'utilisation de l'os comme combustible est donc également un moyen de nettoyer l'habitat. "L'utilisation de l'os en tant que combustible présente un double avantage : fonctionnel et « économique »" (Thériot-Parisot, Économie des combustibles au Paléolithique, 2001).



    Néanmoins, l'os ne peut pas répondre à tous les besoins : si l'os peut être "idéalement exploité pour l'éclairage, le séchage ou le chauffage d'un corps, d'un lieu clos et pour la cuisson directe, [...] il s'agit d'un mauvais combustible pour toute fonction [...] nécessitant la production de braises intenses et durables" (Thériot-Parisot, Économie des combustibles au Paléolithique, 2001).


    → D'autre part, "l'explosion de l'industrie osseuse à partir de l'Aurignacien a certainement contribué à limiter, au moins partiellement, le choix des os destinés à la combustion, certains éléments étant strictement réservés pour l'industrie" (Ibid.).

    Schéma d'exploitation des ongulés (exemple d'un renne),
    Castel, Bulletin de la Société Préhistorique Française, 2003, volume 100.
    en noir : les os utilisés comme combustible


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    Re: 3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Lun 2 Nov - 19:47

    ► Le cas des sites Solutréens charentais.


    Dans tous les sites solutréens charentais dont les rapports de fouilles sont disponibles, des ossements plus ou moins carbonisés sont signalés, et il semble probable que les solutréens utilisaient les os de leurs proies comme combustible pour l'entretien de leurs foyers.



    → Henri-Martin a analysé en 1928 la composition physico-chimique des charbons de foyer solutréen de la couche inférieure de l'atelier du Roc-de-Sers. Il n'y a retrouvé aucune trace de charbon végétal, le principal combustible étant l'os (in Tymula, 1998).




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    Re: 3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Lun 2 Nov - 19:48

    ► Bilan : l'emploi de l'os comme combustible.





    "Dans les sites de type camp de base, son emploi ne pouvait être que concomitant avec celui d'autres combustibles aux propriétés plus polyvalentes et complémentaires ; il était peut-être réservé aux activités intimement liées à la présence de flammes, tout en constituant un moyen avantageux d'éliminer les résidus de l'alimentation.
    [...]

    Dans les sites d'occupation ponctuelle, [...] son utilisation pouvait être une réponse plus immédiate que le bois d'abattage et moins contraignante, en terme d'acquisition, que le bois de ramassage et ce d'autant plus que le milieu était pauvre en taxons ligneux" (Costamagno et Thery-Parisot, Propriétés combustibles des ossements, Gallia Préhistoire, 2005, n°47).




    "Campfire Burns in a Snow Covered High Altitude Landscape", par Lynn Johnson.

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    Re: 3.1.4. L'OS : UN COMBUSTIBLE IMPORTANT AU SOLUTRÉEN ?

    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 13:36


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