~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

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    Danelle
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    3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 6 Oct - 13:09

    UTILISATION DES PEAUX POUR L'HABITAT.




    "L'habitat était, avec la nourriture, l'un des facteurs les plus importants de la survie de nos ancêtres" (Chaline, 2000).



    "L'habitation est un endroit privilégié pour l'étude du comportement humain
    puisqu'il concentre les activités multiples, donc interférentes, dans un même espace, dans une courte durée.
    Ce dynamisme est le résultat de la vie quotidienne d'un groupe"
    (Mohen et Taborin, 1998).
     
    D'autre part, il ne faut pas perdre de vue que "de nombreuses sociétés humaines donnent à leur espace domestique un sens, une valeur qui s'expriment par une organisation systématiquement reproduite à chaque installation" (ibid.).





    Dernière édition par Danelle le Dim 8 Nov - 19:05, édité 4 fois
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    Re: 3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 6 Oct - 13:21

    GÉNÉRALITÉS SUR LES HABITATS PRÉHISTORIQUES.







    Définition (Larousse, 2009) :

             HABITAT n.m.

      1) Aire dans laquelle vit une population, une espèce animale ou végétale particulière.


      2) Géogr. Mode de peuplement par l'homme des lieux où il habite.


      3) Ensemble des conditions, des faits relatifs à l'habitation, au logement.



    Plus précisément, du point de vue archéologique et anthropologique, l'habitat est une zone, plus ou moins étendue, plus ou moins organisée, et plus ou moins permanente, où vivent des hommes.
    "La notion d'habitat préhistorique se comprend grâce à des études qui croisent une bonne connaissance du paléo-environnement et la compréhension du mode de vie des hommes préhistoriques" (Mohen et Taborin, 1998).
       
     
     

    ► Les habitats préhistoriques ont connu une évolution en quatre grandes étapes (Desbordes et Koslowski, 1994) :


    Au-delà de 700 000 ans, "l'homme se protège des vents dominants avec des paravents en pierres ou en bois ; il s'isole aussi de l'humidité du sol en installant des pavages de dalles ou de galets".

    Vers 300 000 ans, "les foyers deviennent le centre de la vie sociale des groupes humains".

    Autours de 200 000 ans, les Néandertaliens diversifient "le matériel et les techniques".

    → Enfin, après 35 000 ans, l'homme moderne "renforce l'impact de l'organisation sociale sur la forme, les dimensions et la disposition des habitats".



    Malheureusement, la plupart des structures d'habitat du Solutréen "n'ont pas résisté à la cupidité des collectionneurs de beaux outils solutréens" (Djinjian et al., 1999).


    Dernière édition par Danelle le Jeu 6 Avr - 22:08, édité 3 fois
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    Re: 3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 6 Oct - 13:33

    LES DIFFÉRENTS TYPES D'HABITATS SOLUTRÉENS.






    ► En archéologie, le terme d' « HABITAT » peut être utilisé aussi bien "pour décrire la durée de l'installation " (habitat permanent ou temporaire), que pour "désigner le choix du milieu" (habitat de plein air, ou en grotte/abri sous roche) (Leroi-Gourhan, 1988).
    ► Ce terme peut également être un raccourci pour "site d'habitat", qui correspond à "l'ensemble des vestiges qui témoignent en un lieu donné d'une installation humaine suffisamment longue pour avoir réalisé une structuration de l'ensemble du site" (ibid.).







    Bordes s'interroge sur la validité des différentes reconstitution d'habitats  paléolithiques. Il définit le sol d'habitat comme une "surface reconnaissable sur laquelle a vécu l'homme paléolithique pendant un laps de temps suffisamment court pour qu'on puisse espérer déduire de la position des vestiges quelque chose au sujet de ses activités. Il est évident que plus longtemps l'homme aura vécu sur cette surface, plus les chances que ses zones d'activités se soient déplacées sont grandes et donc moins on a de chances de pouvoir reconstruire ces activités à partir de la localisation des vestiges qu'il a laissés. Et cependant, il faut que ces vestiges soient assez nombreux pour pouvoir être significatifs" (F. Bordes, Bulletin de la Société Préhistorique Française, 1976, vol.72).

    Aussi faut-il garder à l'esprit que toutes les reconstitutions d'habitats paléolithiques, bien que basées sur les traces archéologiques et les comparaisons ethnographiques, laissent libre champs à l'imagination en ce qui concerne l'organisation du campement ou l'aménagement de la tente.


    Il existe deux grands types d'habitats au Solutréen :
    et les habitats de plein air (campement temporaire autours d'un foyer ou véritable habitation permanente).


    Dernière édition par Danelle le Mar 29 Déc - 19:32, édité 2 fois
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    Re: 3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 6 Oct - 13:43

    ► Les habitats en abris-sous-roche.



    • Tous les sites solutréens connus de Charente sont des habitats en grotte ou en abri-sous-roche, creusés dans le calcaire au cours des périodes chaudes et humides de la fin du Tertiaire.
    Il s'agissait d'abris plus ou moins temporaires, selon l'intensité du froid et la présence à proximité de ressources animales.

    Abri de la Chaire-à-Calvin (commune de Mouthiers).


    Le Placard (commune de Vilhonneur).


    Toutes ces grottes sont orientées de façon à se trouver à l'abri des vents dominants du Solutréen, l'exposition au soleil étant l'autre critère dominant dans le choix d'un site. On sait qu'au Solutréen, il existe "en toutes saisons, [des] vents violents soufflant des calottes glaciaires vers les régions périglaciaires" (Pitte, 1989), c'est à dire du Nord vers le Sud.
         
       
    Orientation des grottes solutréennes charentaises :





     
     
    • La structuration des habitats en grotte était plus ou moins poussée. Les "dallages" et les "murets", ainsi que les "trous de poteaux et autres dispositifs de calage" apparaissent dès le Paléolithique inférieur (Yar et Dubois, Bulletin de la Société Préhistorique Française, 1996, vol.93).


    L'entrée des grottes, où pénètre la lumière du jour, était sans doute protégée de façon plus ou moins précaire, par des parois en peaux ou en branchages, ou des murets.
    Les sols pouvaient être empierrés pour se protéger de l'humidité.
    Des foyers situés à l'entrée ou à l'aplomb de l'abri permettaient l'évacuation de la fumée et le réchauffement de l'habitat.
    L'espace habité était organisé : il comportait différentes zones d'activités : couchage, atelier de taille, boucherie, tannage, activités domestiques diverses...
           
       

      Ainsi, l'habitat solutréen du Fourneau-du-Diable, situé en Dordogne, à quelques kilomètres seulement de la Charente, a été décrit en 1932 par D. et E. Peyronie : il s'agit d'un "abri sous-roche barré de deux murs perpendiculaires délimitant un espace partagé en deux par d'autres blocs" (in Desbrosses et Koslowski, 1994).
      De telles structures ne sont malheureusement pas décrites dans les grottes solutréennes charentaises, qui ont souvent subi des fouilles anciennes qui en ont désorganisé l'aménagement.


    Dernière édition par Danelle le Mar 6 Oct - 19:55, édité 7 fois
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    Re: 3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 6 Oct - 13:44

    ► Les habitats de plein-air.










    Aucun habitat de plein-air solutréen n'est connu en Charente, ce qui est certainement dû à la difficulté de retrouver ces sites. En effet, les sites de plein air correspondent à une "occupation sans rapport avec une grotte ou un abri naturel", ce qui "suppose le plus souvent la mise en place d'un abri artificiel" (Leroi-Gourhan, 1988).
    Les informations archéologiques manquent donc en ce qui concerne ces sites du fait de leur exposition aux intempéries.





    LES HABITATS DE PLEIN AIR AU PALÉOLITHIQUE SUPÉRIEUR.


    • Les hommes du Paléolithique étaient des nomades, qui séjournaient tantôt dans les installations sédentaires (sortes de camps de base, en abri sous-roche ou en plein air), tantôt dans des installations plus légères pour les chasses saisonnières ou la collecte des différents matériaux nécessaires à leur industrie (silex, bois...).



    On peut ainsi distinguer deux types d'habitats de plein-air :
    les tentes, structures assez lourdes, qui à la fin de l'occupation étaient démontées et emmenées,
    les huttes, dont l'armature plus légère était souvent abandonnée.


    • Selon les périodes, les conditions climatiques et environnementales, divers matériaux (aussi bien végétaux qu'animaux) pouvaient être utilisés pour confectionner les armatures (bois, ossements) et les couvertures (végétaux, peaux).
      

    Enfin, on peut imaginer que compte-tenu des conditions climatiques rudes du Solutréen, les hommes avaient développé des techniques afin de se protéger du froid, sans que des traces archéologiques ne soient retrouvées.





     
    dessin : André Houot.








    Les traces d'aménagements et la répartition des vestiges nous apprennent que les habitations paléolithiques étaient de forme plutôt circulaires (les habitations rondes, type tipi, yourte ou igloo, résistent mieux aux vents violents), d'une superficie pouvant atteindre 7 m² ; leurs toitures pouvaient être de formes pointues ou arrondies.

    Ces habitations pouvaient être regroupées pour former des ensembles d'habitats, en campement : "ce terme de plus en plus justifié rend sensible l'aspect collectif et complémentaire des installations de certains groupes au Paléolithique supérieur" (Mohen et Taborin, 1998).







    Cependant, de nombreux facteurs qui nous sont inconnus entrent en compte dans la forme des habitats, comme l'influence éventuelle de la saison, le degré de nomadisme du groupe, mais aussi de nombreux choix symboliques ou culturels.
                      


    A titre de comparaison, on peut évoquer la variabilité de la forme des habitats traditionnels des tribus nomades nord-amérindiennes :
                            


    COMPARAISONS ETHNOGRAPHIQUES.



    • Afin d'illustrer une technique possible pour lutter contre le froid, prenons l'exemple des Evènes, ethnie du Nord de la Sibérie et de l'Extrème-Orient russe. Les Evènes vivent de la chasse, de la pèche et de l'élevage de rennes. Dans leurs tentes, des grandes fourrures de rennes recouvrent le sol et isolent du froid. Lorsqu'il fait très froid, au delà de moins 50, les Evènes ont pour habitude de recouvrir le toit de leur tente d'épaisses peaux de rennes qui empêchent la chaleur dégagée par le foyer de s'échapper.



    • Yves Labrèche a étudié les habitations des Inuits au Nunavik dans le Québec arctique (Habitations, camps et territoires des Inuit de la région de Kangiqsujuaq-Salluit, Nunavik, Études/Inuit/Studies, vol. 27, n° 1-2, 2003).

    "Selon nos informateurs de Kangiqsujuaq, les tentes comprenant une plate-forme arrière et appuyées sur une paroi rocheuse étaient couvertes de peaux. La peau du caribou était davantage recherchée à l'automne. Plus légère que celle du phoque, elle laissait également passer plus de lumière lorsqu'elle était utilisée comme couverture de la tente. Par ailleurs, la peau de phoque est plus imperméable et c'est probablement pour cette raison qu'en été, les tentes étaient généralement couvertes de peaux de phoque."

    "La tente était faite d'une dizaine de poteaux de bois recouverts de 10 à 15 peaux de phoque barbu retenues par des pierres. Au printemps, on prolongeait la durée de l'iglou en remplaçant une partie du dôme par une couverture de peaux de caribou. Or c'était apparemment un isolant moins efficace que la neige contre le froid. En automne, les parois de la tente étaient renforcées avec de la neige. Ce recyclage des couvertures permettait en même temps d'éviter qu'elles ne pourrissent ou ne soient rongées par les souris pendant l'entreposage".

    "En Ungava, le renouvellement des couvertures d'habitation semble avoir eu lieu surtout au printemps, car en automne, les femmes devaient confectionner intensivement des vêtements en peau de  caribou."







    ARCHÉOLOGIE EXPÉRIMENTALE.




    De nombreux essais d'archéologie expérimentale ont été menés pour reconstituer des habitats paléolithiques de plein-air.

    Les traces retrouvées au sol, trous de poteaux, galets, dallage ou foyer, ouvrent de nombreuses possibilités et chaque auteur peut présenter sa propre reconstitution.
     




    • L'étude des vestiges laissés sur un site comme celui de Pincevent, sur la commune de La Grande Paroisse en Seine-et-Marne, permet d'en apprendre plus sur les habitats de plein-air paléolithiques.

    Ce site, étudié par A. Leroi-Gourhan à partir de 1964, a été occupé il y a environ 12 300 ans (au Magdalénien), à plusieurs reprises, du début de l'été au début de l'hiver.
    Les zones d'habitat ont montré des aires d'activités circulaires. A partir des traces retrouvées au sol (foyers, trous de poteaux, pierres de calage, dallages... ou encore par l'analyse de la répartition différentes des vestiges de part et d'autre d'une paroi), diverses reconstitutions d'habitats ont été réalisées.
             
                 

           
    EXEMPLES DE RECONSTITUTIONS :
     


    Reconstitution d'habitation d'après la répartition spatiale des vestiges archéologiques, site de Pincevent.




    Reconstitution d'un habitat de Pincevent par José-Manuel Benito.
     



    Reconstitution d'une tente paléolithique de Pincevent :
    sorte de tipi de trois mètres de diamètre, composé d'un bourrelet de limon le long des parois, de perches en châtaigner avec des fixations en lanières de cuir, des peaux de rennes et de l'ocre sur le sol
    (Parc archéologique Asnapio, commune de Villeneuve d'Asqc, dans le Nord) :




    Reconstitution expérimentale d'un habitat magdalénien par Lucien Jourdan et Jean-Pierre Leroy : ici.




    .
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    Re: 3.2.3. UTILISATION POUR L'HABITAT.

    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 13:46


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