~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    3.3.1. LA GRAISSE.

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    Danelle
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    Date d'inscription : 22/09/2015

    3.3.1. LA GRAISSE.

    Message par Danelle le Mer 7 Oct - 8:13

    LA GRAISSE.





    L'utilisation purement alimentaire de la graisse n'est pas à négliger, surtout au cours d'une période de froid intense,
    mais une autre utilisation est envisageable : celle de combustible.


    En effet, "l'utilisation de graisses, d'huiles animales ou de moelle osseuse comme combustible doit être envisagée" pour l'entretien "d'un petit foyer de combustion mobile (lampe ou torche)" (Perlès, 1977).
     




    ► Les LAMPES.


    "Des lampes étaient réalisables par combustion d'une mèche végétale dans des graisses animales ou des huiles végétales" (ibid.).





    • La première lampe paléolithique identifiée a été découverte par Trémeau de Rochebrune, en 1865, dans la grotte de la Chaire-à-Calvin, à Mouthiers.

    A la suite de cette découverte, de nombreux auteurs mettent au jour, dans divers sites paléolithiques, des pièces qu'ils "s'accordent à qualifier de lampes" (Perlès, 1977).
    Néanmoins, "cette quasi unanimité ne doit pas nous cacher les problèmes que pose la reconnaissance valable d'une lampe. [...] Or [...] un  petit récipient creux peut avoir de multiples utilisations autres que celle de lampe" (ibid.).
      
      
     
    Voici, selon le docteur Allain (1959, Les lampes magdaléniennes de Saint-Marcel, Indre), les critères d'identification d'une lampe paléolithique :

    → forme en cuvette ;
    → noircissement interne ;
    → rougissement des parois ;
    → préservation du fond.





    Les lampes solutréennes sont rares, pourtant S. de Beaune signale leur présence dans trois sites charentais : la Chaire-à-Calvin, le Placard, et le Roc-de-Sers.

    → A la Chaire-à-Calvin, Trémeau de Rochebrune trouve une "lampe en grès rouge à grains fins, de forme et de façonnage remarquables" (de Beaune, 1987). Le même site a livré deux autres lampes, dont une ne présentant "aucune trace d'utilisation" (ibid.).

    → Dans la grotte du Placard, Platte signale une lampe cassée portant des traces d'utilisation (ibid.).

    → Une lampe a également été retrouvée au Roc-de-Sers par L. Henri-Martin (ibid.).

    1. Lampe du Roc-de-Sers, Fermont ; gravure de poisson stylisée, grès, 17 cm.
    2. Lampe de la Chaire-à-Calvin, Trémeau de Rochebrune, grès, 14 cm.
    in Les lampes du Quaternaire moyen et leur bibliographie, A. Viré, Bulletin de la Société Préhistorique Française, 1934, volume31.






    • Toutefois, si l'existence des lampes est attestée par des faits matériels, on ne retrouve en général aucune trace archéologique permettant d'identifier avec certitude la graisse animale comme étant le combustible utilisé.

    Perlès appuie son hypothèse sur les "innombrables exemples historiques ou ethnographiques de lampes à mèche brûlant de la graisse ou de l'huile animale ; ceci est en effet attesté aussi bien dans l'Antiquité que chez les Eskimo ou les Indiens" (Perlès, 1977).
    H. de Lumley pense que les lampes à graisse étaient utilisées dès l'Acheuléen final, "mais c'est surtout au Paléolithique supérieur, avec l'apparition des lampes en pierre que les historiens en admettent l'usage généralisé" (in Perlès, 1977).


    • S. de Beaune s'interroge sur la fiabilité de ces éclairages portatifs (S. de Beaune, 2003, De la domestication du feu aux premières lampes) .

    → Elle souligne que ses propres expérimentations "ont montré que les lampes encore chaudes sont très faciles à rallumer".
    → D'autre part, "on peut facilement [les] poser si on a besoin d'avoir les deux mains libres".
    → Enfin, elles peuvent "facilement être rechargées en cours d'utilisation, la réserve de combustible nécessaire à son fonctionnement étant peu encombrante : 40 g de graisse animale suffisent pour 1 heure d'éclairage".
    → Leur inconvénient majeur est qu'elles "risquent de se renverser et de s'éteindre en cas de chute ou de faux mouvement" (de Beaune, 2003).





    Importance des lampes.

    Pour C. Perlès, "toute forme d'éclairage mobile permet une indépendance accrue vis-à-vis du milieu - milieu naturel ou habitat - et représente donc une étape importante dans le développement humain" (Perlès, 1977).

    S. de Beaune souligne que, au Paléolithique, le feu est l'unique source de lumière, mis à part les rayons du soleil, et elle estime que, si l'invention de la lampe a ouvert l'accès aux profondeurs des grottes, elle a surtout "modifié la perception du temps en ne limitant plus les activités journalières à la période diurne" (de Beaune, 1987).




    À suivre : Les Ligaments, les Tendons et les Crins.

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