~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

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    4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

    Message par Danelle le Sam 10 Oct - 19:44

    LA PARURE FAÇONNÉE.





    Les coquillages et les dents imposent leur forme, même si un choix très sélectif ne retient que celles qui ont une valeur de symbole. Mais le besoin de perfectionner la communication symbolique est certainement à l'origine de l'augmentation du nombre et de la diversification des formes de parure.

    "La création d'éléments de parure à partir de matériaux bruts est une étape essentielle du génie humain"

    (Taborin, 2004).






    → les formes des pendeloques,

    → les pendeloques ornées,

    → cas particulier des pendeloques en forme de rondelle,

    → les pendeloques solutréennes charentaises.







    .


    Dernière édition par Danelle le Mar 5 Avr - 22:23, édité 2 fois
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    Re: 4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

    Message par Danelle le Sam 10 Oct - 20:32

    LES PENDELOQUES.



    Sous ce terme sont regroupés des objets extrêmement variés dans leurs formes comme dans leurs matières premières, de forme régulière obtenue grâce à une finition particulièrement soignée.


    Les pendeloques sont des "objets pourvus d'un moyen de suspension évident (perforation ou rainurage), aux dimensions modestes, qui ne semblent pas avoir eu d'autre fonction que celle d'un signe à valeur symbolique" (Taborin, 1991).




    ► Formes et nature des pendeloques.

    Les pendeloques "ne sont ni sphériques ni rondes comme des perles, mais plutôt allongées, dans des dimensions qui, pour la majorité d'entre elles, varient entre 20 mm et 70 mm de long pour 0,5 mm à 40 mm de large" (Taborin, 2004).
    Depuis l'Aurignacien, et jusqu'au Magdalénien, les matières premières animales principalement utilisées sont l'os, l'ivoire, le bois de cervidés.
       
         

    PENDELOQUES DU ROC-DE-SERS
    1. pendeloque allongée en calcaire
    2. pendeloque façonnée dans un fragment d'os long dont l'origine anatomique et spécifique est inconnue
    3. petit galet de quartz oblong de forme ovale
    (Henri-Martin, 1928)
    in Tymula, L'art solutréen du Roc-de-Sers, 2002.




    ► Les pendeloques ornées.



    Quelle que soit la matière première qui constitue la pendeloque, elle est souvent ornée de gravures, en général sur une face, plus rarement sur les deux faces.


    Les thèmes les plus fréquents de ces gravures sont d'une part les thèmes animaliers et humains, d'autre part les thèmes géométriques abstraits, c'est à dire les mêmes thèmes que ceux retrouvés dans l'art pariétal.





    Y. Taborin a étudié les principaux thèmes des gravures sur pendeloques (Taborin, 2004).

    Parmi les thèmes animaliers, le cheval domine, tout comme dans l'art  des  grottes. Le second type d'animaux les plus représentés sont les cervidés (renne, cerf, élan, ...).

    La représentation humaine est exceptionnelle dans l'art des pendeloques.
       
    Les pendeloques ornées de thèmes schématiques et abstraits sont relativement plus nombreuses que celles qui portent des sujets figuratifs.
    On note en particulier l'existence de "pendeloques rectangulaires en os ornées de groupes d'incisions marginales régulières" trouvées en plusieurs exemplaires dans la grotte du Placard (Taborin, 2004).
       
     

    PENDELOQUES ORNÉES DE CRANS, Le Placard (Solutréen)
    Dessins et cliché : Y. Le Guillou,
    Préhistoire entre Vienne et Charente, 2010.






    ► Cas particulier des pendeloques en forme de rondelles.




    Il s'agit "d'objets plats, de forme circulaire ou sub-circulaire, de section mince, obtenu par découpage d'une lame de matière osseuse (os, ivoire, bois de renne...)" (Bellier et al., 1991) et pourvu le plus souvent d'une perforation centrale.



    Cependant, si ces rondelles sont présentes depuis l'Aurignacien, elles restent rares et ne seront régulièrement utilisées dans les parures que par les Magdaléniens "qui en font un objet caractéristique de leur culture, surtout dans la région pyrénéenne" (Taborin, 2004).
    Avant le Magdalénien, ces objets "sont façonnés sans soin particulier, leurs formes et leurs perforations sont parfois irrégulières et ils ne comportent pas de décors élaborés" (Taborin, 2004). Ces décors sont présents souvent sur les deux faces des rondelles.
     
       
       
    Y. Taborin s'interroge : "les rondelles sont-elles des pendeloques ?"
    La fragilité importante des rondelles, ainsi que la position centrale de leur perforation, ont conduit à penser qu'elles pouvaient être cousues sur un supports. Néanmoins, pour Y. Taborin, "l'usure et les fractures laissent penser à un objet en suspension libre et non cousu" (2004),  ce qui permettaient d'ailleurs de montrer les deux faces. Cependant, pour Taborin, il est impossible de se prononcer définitivement sur le mode d'attache.
     
       
       
    Une rondelle simple sans décors était présente dans le niveau solutréen du Placard.




    ► Les pendeloques solutréennes charentaises.


    Les pendeloques soigneusement façonnées solutréennes sont assez rares.


    Les pendeloques solutréennes façonnées en os, comme celles du Roc-de-Sers, ont une forme classique, ovale ou droite.

    Plusieurs pendeloques de formes proches mais moins régulières ont été façonnées par les solutréens du Placard, en bois de cervidés et en os, aux pourtours ornés d'incisions obliques.

    "Il existe un autre groupe de formes moins originales mais façonnées avec régularité : celles des pendeloques rectangulaires en os ornées de groupes d'incisions marginales régulières. La perforation est réalisée avec soin sur une extrémité. Le gisement de la grotte du Placard est un lieu de fabrication assez développé de ce style d'objet" (Taborin, 2004).


    PENDELOQUE EN IVOIRE,
    Grotte du Placard,
    Chauvet, 1910.



    PENDELOQUE CRANTÉE,
    Grotte du Placard,
    in Taborin, 2004.
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    Re: 4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

    Message par Danelle le Sam 10 Oct - 22:38

    LES PERLES ET LES PENDENTIFS.







    • Les perles.



    Le terme de "perle" recouvre tous les objets percés d'une taille inférieure à 20 mm dans leur plus grande largeur, et ce même si leur forme n'est pas ronde. La matière première peut être du bois de renne, des os d'herbivores ou d'oiseaux, de l'ivoire ou encore des petits galets. Taborin signale aussi "d'autres matériaux beaucoup plus rares [...] telles les perles en ocre, en ambre, voire en argile séchée" (Taborin, 2004).



    Le Roc-de-Sers. Perle en os
    (Henri-Martin, 1928).
    Ce fragment d'os d'oiseau entre dans la catégorie des perles de forme tubulaire en raison de ses petites dimensions (L = 21 mm ; l = 5 mm),
    de sa cavité médullaire libre et des traces de tronçonnage visibles aux deux extrémités.
    Un décor de 7 incisions rectilignes transversales a été réalisé sur l'une des faces.







    → Les perles ne sont pas utilisées isolées. Leur gabarit permet des associations faciles avec des coquillages et des dents animales. D'autre part, dans les sépultures, on ne trouve pas de perles isolées, mais toujours en grand nombre.

    in Taborin, Langage sans parole, 2004.



    Taborin souligne que "leur fragilité, même cousues, est extrême, et leur remplacement devait donc être permanent, mais leur petitesse permettait de les stocker dans les poches" (Taborin, 2004).
    Randall White a démontré expérimentalement que la fabrication d'aussi nombreuses petites perles de même forme suppose la mise au point d'une technique standardisée parfaitement efficace (« Ivory personnal ornements of Aurignacian Age : technological, social and symbolic perspectives », in Travail et usages de l'ivoire au Paléolithique supérieur, 1996).

    → La forme des perles est très variable : globuleuses, plus rondes, ou plus allongées, parfois même anguleuses, plus rectangulaires, en forme de grains de riz...
    Néanmoins, dans leur majorité, les perles ont une forme simple, "souvent limitée par les possibilités offertes par la matière première" (Taborin, 2004).

    Les perles solutréennes sont rares, mais la grotte du Placard a toutefois livré des éléments perforés qui semblent être "de grosses perles inspirées par la forme épaisse et compacte d'os d'animaux (sésamoïdes, têtes fémorales) qui ont été ornée d'incisions régulières sur leur pourtour ou perforés" (Ibid.)









    • Les pendentifs.

    Il s'agit d'éléments de parure, individuellement très soignés, qui n'ont pas une forme de pendeloque allongée avec une surface propice au décor mais sont plus proches de petites sculptures en ronde-bosse.
    Les pendentifs solutréens sont très peu fréquents, souvent locaux.
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    Re: 4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

    Message par Danelle le Dim 11 Oct - 7:36

    LES BRACELETS.





    "Ces trois éléments de parure sont beaucoup plus fréquents dans les groupes paléolithiques de Russie et de Sibérie, probablement favorisés par l'abondance de l'ivoire, qui se prête mieux à l'obtention de formes arrondies de grandes dimensions" (Taborin, 2004).

    Cependant, Leroi-Gourhan (1988) signale la présence au Placard de "quatre petits bracelets en ivoire comparables à ceux du Solutréen du Fourneau-du-Diable (Dordogne)".



    BRACELET EN IVOIRE, Le PLacard.
    in Taborin, Langage sans parole, 2004.





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    Re: 4.1.2. LA PARURE FAÇONNÉE.

    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 22:25


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