~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    Les preuves de l'existence des vêtements.

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    Danelle
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    Les preuves de l'existence des vêtements.

    Message par Danelle le Mar 27 Oct - 13:27

    Les preuves de l'existence des vêtements.








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    Dernière édition par Danelle le Mer 28 Oct - 20:48, édité 3 fois
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    Re: Les preuves de l'existence des vêtements.

    Message par Danelle le Mar 27 Oct - 13:33

    ► Le climat.





    Au cours du Paléolithique supérieur, le climat est généralement rigoureux avec des épisodes plus chauds. Le nord de la France est occupé par la toundra (un terrain dépourvu d'arbres et couvert de lichens et mousses), à laquelle succède, en descendant vers le Sud, la taïga, forêt peu épaisse constituée de pins et de bouleaux nains. Dans les vallées abritées, durant les épisodes climatiques les plus tempérés, on trouve des feuillus.
    Les conditions climatiques rigoureuses du Paléolithique impliquent que les hommes ont dû se protéger du froid pour survivre. L'étude de leurs habitudes de vie montrent qu'ils ont utilisé pour cela différents moyens, comme le feu, la recherche d'abris naturels, la confection d'abris artificiels ; la fabrication de vêtements s'inscrit dans cette logique.





    Toutefois, cette seule explication ne suffit pas :
          Ainsi, "durant les rudes hivers de Patagonie, les Yaghans dorment et vivent à peu près nus sous des températures inférieures à 0°C" (Jude, 1965, in Duhard, 1995).  Ils portaient une simple cape en peau,  simplement attachée autour du cou, et qu'ils faisaient glisser sur leur corps selon la direction du vent pour s'en protéger.


    → Ainsi, il existe "des exceptions à cette règle de l'habillement, et il a pu en être de même aux temps paléolithiques" (Duhard, 1995).









    Les preuves directes de l'existence des vêtements au Paléolithiques manquent totalement, du fait de la non-conservation des fourrures et des peaux les ayant constitués, néanmoins, plusieurs preuves indirectes permettent de penser que leur existence est plus que probable.



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    Re: Les preuves de l'existence des vêtements.

    Message par Danelle le Mer 28 Oct - 13:02

    ► L'Art paléolithique.




    La représentation des vêtements dans l'art paléolithique n'est qu'exceptionnelle : les figures humaines sont généralement représentées nues. Cependant, Patte souligne (1967) que la nudité des représentations artistiques paléolithiques ne permet pas de conclure à la nudité des hommes de cette époque, pas plus au cours du Paléolithique que lors des périodes historiques (in Camps, 1990).
    Leroi-Gourhan note cependant qu'un certain nombre de représentations paléolithiques évoquent des vêtements.





    Ainsi, les hommes représentés à Lespugue (Haute-Garonne) ou ceux de La Marche (Vienne) ont "des sortes de tabliers" (Leroi-Gourhan, 1988).




    On remarque également qu'à Gabillou (Dordogne), les humains sont représentés vêtus avec des "habits à capuchons" (Ibid.).




    A Bédeilhac (Midi-Pyrénées), a été découverte une incisive de cheval dont la racine a été sculptée d'un visage qui semble emprisonné dans une capuche : Béguoën (1929) décrit "une tête humaine avec les yeux, le nez très gros, .. la bouche modérément fendue... la figure est encadrée d'une sorte de capuchon".
       
    Femme à la capuche, Bédeilhac,
    Musée des antiquités nationales.




    Certaines Vénus, comme celle de Brassempouy dans les Landes (Périgordien supérieur), ou bien comme celle de Willendorf, en Autriche (Gravettien), portent une sorte de résille "qui peut suggérer une coiffe" (Leroi-Gourhan, 1988).
      
       
    → Vénus de Brassempouy :

    Dame de Brassempouy ou Dame à la capuche,
    fragment de statuette en ivoire,
    Gravettien moyen (26 000 / 24 000 BP).





    → Vénus de Willendorf :

    Venus de Willendorf,
    statuette en calcaire de 11 cm de hauteur,
    Gravettien (24 000 / 22 000 av JC),

    illustrations : Libor Balàk.


     


    Les statuettes de Malta et à Buret, en Sibérie, découvertes pour la première fois par Mikhail Gerasimov, et datées de 20 000 ans BP, ont été réexaminées en 2016 par les docteurs Lyudmila Lbova et Pavel Volkov du Laboratoire d'étude interdisciplinaire de l'art primitif de l'Eurasie (Institut d'archéologie et d'ethnographie, Académie des sciences de Russie) : World famous ancient Siberian Venus figurines 'are NOT Venuses after all'.
    L'examen au microscope de ces figurines a révélé à leur surface des traces qui n'avaient pas été remarquées avant, car invisibles à l'oeil nu en raison des ravages du temps. Ces traces ont révélé la présences de vêtements : bracelets, chapeaux, chaussures, sac...
       
       
    Photo: Musée de l'Ermitage


    Photos : Lyudmila Lbova

    Le Dr Lyudmila Lbova pense que ces statuettes étaient fixées sur des vêtements, ou sur des berceaux (certaines de ces statuettes représenteraient des enfants).


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    Re: Les preuves de l'existence des vêtements.

    Message par Danelle le Mer 28 Oct - 13:26

    ► Autres indices.



    • Le sol de la grotte de Fontanet en Ariège a conservé des empreintes de pas aux contours flous évoquant "un pied chaussé d'un mocassin" (Leroi-Gourhan, 1988) :  

    photo : Clottes, 1995.

    Il y a 12 000 ans, un magdalénien a laissé cette trace (à droite de l'image) : l'empreinte qu'il a laissée ne comprend pas l'impression des orteils, ce qui suggère qu'il était chaussé de sortes de mocassins (d'autres empreintes, relevées dans cette même grotte et dans la même matière, de la calcite molle, ont parfaitement conservé la trace des orteils).





    De nombreuses sépultures suggèrent aussi l'existence de vêtements.


    → Par exemple, à Sungir, en Russie (25 000 à 21 000 ans), les corps sont partiellement recouverts de parures, notamment de perles d'ivoire. Ces parures devaient bien être fixées "sur un support qui ne pouvait guère être autre chose qu'un vêtement" (Leroi-Gourhan, 1988).
                   
    Sépulture de Sungir
    (photo : J. Jelinek, The Evolution of Man)


    → Un autre exemple est fourni par une sépulture d'enfant, à la Madeleine, datant de la toute fin du Paléolithique supérieur.
    M. Vanhaeren et F. d'Errico ont étudié les très nombreuses parures présentes dans cette tombe, notamment certains coquillages : "les fractures produites par le passage d'une aiguille semblent indiquer que ces dentales étaient brodés individuellement sur le vêtement de l'enfant plutôt qu'utilisés au sein d'un collier", et ils concluent d'autre part que les traces d'usure sur ces dentales "résultent probablement de la friction prolongée entre dentale, fil d'attache et vêtement" (La parure de l'enfant de la Madeleine (fouilles Peyrony), Paléo, 2001, n°13).
                                 
    Sépulture de l’enfant avec disposition des objets de parure.
    (D’après Capitan et Peyrony, 1928,
    in Vanhaeren et Errico, 2001).

    "Attribués par le découvreur à un enfant de 5-7 ans, ces restes correspondent plutôt à un individu d’âge compris entre 2 et 4 ans (Gambier et al., 2000). L’enfant avait été déposé allongé sur le dos. La tête, orientée vers le Sud, était entourée de trois pierres et ornée, ainsi que le cou, les coudes, les poignets, les genoux et les chevilles de “nombreux petits coquillages et de dents percées” (Capitan et Peyrony, 1928)"  (Vanhaeren et Errico, 2001).




    •  Enfin, un nouvel indice est fourni par la génétique des poux.

    On sait que les poux de la tête (Pediculus capitis) et les poux du corps (Pediculus corporis) sont deux espèces très proches mais distinctes, la seconde ayant évolué à partir de la première.



    En 2010, A. Kitchen, de la Pennsylvania State University, spécialiste des modes de vie des primates et des humains, s'est penché sur le génome de ces deux espèces. Les analyses d'ADN ont permis de déterminer que la scission entre les deux s'est produite il y a environ 190 000 ans. Le pou du corps ne vivant que dans les replis des vêtements, on peut penser que l'homme a commencé à s'habiller vers cette date (Bruce Bower, Lice hang ancient date on first clothes, ScienceNews, April 20, 2010).
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