~ QUELQUES PARCELLES DE PALÉOLITHIQUE ~

Le Solutréen : une culture de chasseurs paléolithiques du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans.


    __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

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    __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 18:24

    LES STRATÉGIES DE CHASSE.








    • chasse d'approche / chasse à l'affût,


    • rabattage du gibier,


    • enfumage,


    • pièges.









    Dernière édition par Danelle le Dim 27 Sep - 19:50, édité 7 fois
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    Re: __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 18:26

    LES LIMITES.





    "La chasse est une stratégie à degré de complexité variable selon les époques, l'organisation sociale, les règles du groupe, l'animal recherché et l'armement.
    [...]
    Les techniques et la valorisation de la chasse ont été étudiées dans les sociétés vivantes. [...] Projeter ces modèles sur la chasse paléolithique et essayer d'interpréter en ce sens les faits constatés ne peut que rester au niveau des hypothèses " (Mohen, Taborin, 1998).
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    Re: __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 19:03

    LES TECHNIQUES DE CHASSE POSSIBLES.



    Bien que les données archéologiques soient insuffisantes pour confirmer ou infirmer les différentes hypothèses, de nombreuses techniques étaient à la portée des hommes du Solutréen et peuvent être envisagées. Toutes supposent que les solutréens avaient une bonne connaissance du terrain, ainsi que du comportement et des habitudes du gibier.
     
     
     

    La chasse d'approche (mais aussi la chasse à l'affût) pouvait être réalisée avec un camouflage visuel et olfactif.

     
    S.A. de Beaune pense que les hommes solutréens pouvaient "ramper vers un troupeau contre le vent en se couvrant d'une peau d'animal ou en utilisant un écran de branchage" (1995).

    Chaptal note que la distance de fuite d'un animal mortellement blessé par flèche est au minimum de 80m, voire beaucoup plus. Mais l'environnement solutréen "étant une toundra périglaciaire, la vue y portait suffisamment loin pour que l'on puisse y suivre des yeux un animal, même si celui-ci ne tombait qu'à 300m" (1989).








    Le rabattage du gibier vers un dispositif facilitant sa capture devait vraisemblablement être pratiqué.


    Il est vraisemblable que les chasseurs paléolithiques ont employé cette technique, qui consiste à "à faire galoper des [proies] vers une falaise ou une hauteur escarpées et d'éviter qu'ils ne s'arrêtent en route" (Chaline, 2000).
    Ainsi, le dispositif facilitant la capture peut aussi bien être une falaise en bordure de plateau, un aven, une pente abrupte, mais aussi des gués profonds.


    Perlès s'interroge sur l'utilisation possible du feu dans ce but : "directement engendrée par la lumière et la chaleur émises par la flamme, la crainte qu'éprouvent les animaux sauvages lorsqu'ils perçoivent du feu permet aux hommes de s'en servir comme arme, aussi bien défensive qu'offensive. Les hommes préhistoriques ont-ils tiré parti de ces possibilités ? " (Perlès, 1977). Agiter des torches près d'un troupeau, ou même allumer des incendies de prairie afin de rabattre les animaux vers un lieu facilitant leur capture n'est pas bien difficile. "Aucune limitation technique ne s'oppose à ce que cette méthode de chasse, largement pratiquée jusqu'à une époque récente dans des pays de végétation ouverte (Afrique, Australie, Amérique du Nord, Chine, etc...), ait été utilisée dès le Paléolithique" (ibid.). Mais retrouver des preuves de telles pratiques est illusoire : "rien ne ressemble plus, pour un archéologue, à un incendie de prairie d'origine naturelle qu'un incendie de prairie allumé par l'homme" (ibid.).
     


    Il faut noter ici que le gisement de Solutré évoque immanquablement ce type de chasse. Ce gisement se trouve au pied d'un escarpement calcaire, et a révélé les restes de plus de deux mille chevaux et les restes de plusieurs campements du Paléolithique supérieur.
        
    Néanmoins, l'hypothèse selon laquelle les hommes paléolithiques rabattaient les chevaux vers le sommet pour les pousser à se précipiter dans le vide n'est qu'une fiction. Cette théorie de la "chasse à l'abîme" apparaît d'ailleurs pour la première fois dans un roman d'Adrien Arcelin. Publié en 1872 sous le pseudonyme anagramme "Adrien Cranile", ce roman (Solutré ou les chasseurs de rennes de la France centrale) est le premier « roman préhistorique ».
              

     
    Jean Combier (Les origines de la civilisation dans les steppes de l'Europe orientale, in Perrot et Pitavy, L'Homme et la Steppe, 1999) a démontré l'incohérence de cette hypothèse, en particulier par l'éloignement trop important des ossements du pied de la falaise. Le grand nombre d'ossements s'explique par la très longue occupation de ce site de chasse stratégique, lieu de passage obligé des troupeaux de chevaux, de rennes et de bovidés lors de leurs migrations de printemps et d'automne, moment où la vallée devait être inondée, sur lequel quatre cultures paléolithiques se sont succédé durant plus de 25.000 ans.

     
     

    On peut tout à fait concevoir l'utilisation par les hommes paléolithiques de l'enfumage, afin de faire "sortir les animaux de leur gîte naturel (enfumage des terriers, des ruches, etc...)" (Perlès, 1977).
    Mais là encore, les investigations des archéologues ne peuvent pas en trouver de traces.
               
                 
    Enfin, de nombreux types de pièges étaient possibles : les fosses, les pièges à poids, les pièges à pointes radiaires, les pièges à lacet.

                   
                 
    Les fosses sont attestées dès le Paléolithique inférieur, puis améliorées par la présence d'un pieu sur lequel l'animal s'empalait ; néanmoins, le sol gelé solutréen ne se prêtait guère à ce type de piège.

    Le but des pièges à poids est "d'assommer le gros gibier en déclenchant sur lui un système pesant, placé en équilibre instable sur son passage" (Delpuech-Lespinasse, 1983) ; cette technique était utilisée par la amérindiens Pieds-Noirs, et elle existe encore dans certaines régions d'Afrique.

    Les pièges à pointes radiaires sont "constitué par une couronne tressée au travers de laquelle des baguettes mobiles et effilées en bois pointent radiairement vers le centre" (ibid.), et sont placés à même le sol ou au-dessus d'une légère dépression et reliés à un arbre voisin. Lorsque l'animal marche sur le plateau, les baguettes laissent passer le pied, mais quand le pied se soulève, elles se fichent dans la chair et empêchent l'animal de fuir. Cette technique est encore employée au Togo pour capturer les antilopes. Elle pouvait être utilisée au Solutréen pour capturer le cheval, le renne ou la saïga (ibid.).

    Les pièges à lacet ou collets pouvaient déjà être utilisés pour la capture du petit gibier.
     



                 
         
    On peut noter ici que S.A.de Beaune signale l'utilisation du poison qui a été évoquée par certains auteurs, sans toutefois qu'aucune preuve de son utilisation réelle au Paléolithique n'ait pu être apportée (1995).

             
             
    .


    Dernière édition par Danelle le Dim 8 Nov - 8:30, édité 2 fois
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    Re: __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 19:20

    ADAPTATION DES TECHNIQUES AUX ESPÈCES CHASSÉES.




    Le tableau de chasse des solutréens comprend différentes espèces aux modes de vie, aux réactions face à une attaque, et aux rythmes de vie variés ;
    de ce fait, le chasseur doit adapter à chaque proie :
    • son mode de chasse,
    • le lieu choisi pour la capture,
    • le moment de la journée.






    En effet, le tableau de chasse des solutréens comportait aussi bien des animaux vivant seuls (comme le chevreuil ou le cerf) que des animaux vivant en troupeaux (comme le cheval et le renne).

    En fonction de la plus ou moins grande agressivité du gibier, le rabattage de troupeaux entiers était facile ou non : par exemple, dans le cas des aurochs, il était plus judicieux de tenter d'isoler un animal du groupe pour l'abattre, ou de mettre en place des pièges sur le passage d'un troupeau.

    D'autre part, les armes de jet, qu'il s'agisse des propulseurs ou des arcs, suppose d'effectuer les tirs à une distance de 15 à 25 mètres environ. Or, à cette distance, l'animal perçoit le geste de décoche, et compte tenu de la vitesse des flèches ou des javelines, il peut alors les éviter : ce comportement, appelé "jumping the string", est caractéristique des daims et des lapins.



    Il faut toutefois noter que le gibier était, au Solutréen, plus abondant et certainement moins méfiant vis à vis de l'homme que de nos jours.






    ► Exemple du Cheval.

    Concernant le cheval, Cattelain estime que sa distance de fuite est "manifestement supérieure à la portée des armes de jets utilisées au Solutréen".

    Ainsi, dans un environnement ouvert à végétation rase, il est pratiquement impossible d'approcher à découvert les troupeaux suffisamment près pour abattre un cheval. Aussi, le mode de chasse pratique devait être de type Chasse à l'affût au sol : des cachettes pouvaient être aménagées dans des dépressions naturelles du terrain (pouvant être surélevées au moyen de pierres).
    Cette technique nécessite une bonne connaissance territoriale du gibier afin de placer les affûts à des endroits stratégiques, sur le parcours régulièrement emprunté par les troupeaux.
    Il était néanmoins peu probable que de nombreux individus soient abattus au cours d'une même opération.



    Cas particulier de la chasse au petit gibier.




    La chasse au petit gibier, qui pouvait être "pratiquée par les enfants ou les adolescents, comme cela est fréquent chez les peuples chasseurs", devait constituer un apport alimentaire non négligeable" (de Beaune, 1995).


    Brugal s'est penché en particulier sur le cas du Lapin (Oryctolagus cuniculus) (Petit gibier et fonction de sites au Paléolithique supérieur, Paléo, 2006, n°18) : le lapin est une espèce relativement grégaire, vivant dans des terriers à issues multiples et dont l'activité se concentre à l'aube et au crépuscule.



    "La prise la plus classique des lapins est le piégeage aux abords des terriers ou sur les passées. Il est fort probable que cette technique était connue des préhistoriques qui ont parfois accumulé de grandes quantités de restes de léporidés, comme dans le gisement magdalénien portugais de Picareiro (Hockett et Bicho y ont dénombré en 2000 plus de 10 000 restes)".

    .


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    Re: __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Dim 27 Sep - 19:34

    BILAN.





    Aussi, "les chercheurs suggèrent l'existence de deux stratégies :

    ► une stratégie lourde et collective de chasse, peut-être périodique, aux animaux grégaires (rennes, chevaux),

    ► et une chasse de type opportuniste plus individuelle concernant les petits animaux ou les mammifères non grégaires"

    (Mohen, Taborin, 1998).
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    Re: __2.1.2.b. Les stratégies de chasse.

    Message par Danelle le Mar 5 Avr - 12:32


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